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Œufs : le marché s’effondre

Une production trop importante, une consommation qui laisse à désirer et des exportations en recul en œufs de consommation ont entraîné cette année une dégradation exceptionnelle du prix des œufs...

3,28 euro/100 œufs, c'est la moyenne de la TNO des calibres gros et moyen pour la semaine 16. Depuis 1999, le prix des œufs n'avait jamais été si bas. À titre de comparaison cette même moyenne se situait à 3,43 euro/100 œufs à la même époque il y a six ans. Après une reprise au mois de février, les prix ont recommencé à plonger à la mi-mars, et depuis le marché n'arrive pas à se dégager d'une lourdeur envahissante. La situation est très inquiétante pour la filière. Après avoir flambé à l'automne, les cours sont au plus bas depuis le printemps 2004. Le prix de revient est aujourd'hui estimé à environ 4,50 euro/100 œufs, hors amortissements. Et avec les dernières mises aux normes, il faut en plus tenir compte des investissements importants qui ont été réalisés, et qui peuvent actuellement majorer d'environ 80 centimes aux 100 œufs (très approximativement) les coûts de production.

Ainsi, si l'on estime un coût de revient moyen de 5,30 euros/ 100 œufs, et que l'on regarde l'évolution moyenne de la TNO ces dernières années, on peut se rendre compte que les œufs sont vendus au-dessous de leur prix de revient depuis la mi-mars 2004 ! Autant dire que la récente baisse du prix de l'aliment a été plus que bienvenue !

La production ne devrait pas baisser

En 1999, la dégradation brutale du marché s'expliquait alors par la crise de la dioxine qui avait entraîné une forte désaffection de la consommation au printemps. Les prix étaient alors descendus jusqu'à 3,05 euro/100 œufs au début de l'été. La crise touchant à sa fin, les cours avaient repris un niveau normal à la rentrée… Cette année, l'origine du niveau catastrophique des prix est bien plus structurelle que conjoncturelle : la production est trop importante et la consommation ne cesse de se dégrader, ce qui est bien plus inquiétant.

Selon le dernier rapport de l'Itavi, la production française qui était orientée à la baisse depuis l'été 2004 serait à nouveau en progression au printemps 2005. Pour le mois de juin cependant, on s'attend à une légère (-1,3 %) baisse des apports par rapport à l'année dernière, et la production devrait être plus proche des niveaux de 2003 et 2002. À plus courte échéance, en mai, la production de l'Union européenne à 15 devrait être équivalente à celle de l'année dernière, ne reculant que de 0,9 %, ce qui ne devrait pas être suffisant pour redresser les cours…

En effet, les baisses très importantes attendues en Allemagne et en Belgique (respectivement de - 15,1 % et -17,9 % par rapport à mai 2004) seront largement compensées par les Pays-Bas (+32,9 %) qui continuent de rattraper les pertes causées par l’épidémie d'influenza aviaire, au printemps 2003. L’Espagne, de son côté, annonce pour le mois de mai une production en hausse de 2,6 % par rapport à 2004.

L’exportation recule significativement

Cette année, l’exportation ne servira pas de roue de secours au marché du calibré. En 2004, nos exportations d’œufs coquille ont reculé de plus de 28 % selon les chiffres des douanes, soit une perte de 12.000 tonnes en un an. Tous les débouchés européens ont été touchés par ce recul, notamment l’Allemagne qui a retrouvé son approvisionnement néerlandais.

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