Maïsadour se dote d’une direction durable
Cette année, le groupe Maïsadour, c'est-à-dire la coopérative et ses filiales agoalimentaires, s'est doté d'une direction du développement durable. La coopérative l'a annoncé à son assemblée générale, mardi dernier, en présentant son tout premier rapport en la matière. Elle affirme ainsi sa démarche entamée un an auparavant par l'inventaire des actions déjà engagées en faveur de l'environnement, que ce soit dans les champs ou dans l'abattoir des volailles des Fermiers Landais à St-Sever, filiale commune avec le groupe vendéen Arrivé. Cette direction est placée sous la responsabilité de Michel Montet. Ce dernier dirige depuis juillet 2007 le département céréales-agro-fournitures. Maïsadour rappelle sa qualité de « coopérative pilote » au sein d'un groupe de travail Développement durable initié par Coop de France. Elle déclare avoir choisi « d'aller au-delà des premiers travaux proposés pour la validation d'un outil d'évaluation et de notation applicable aux groupes coopératifs ».
Michel Prugue, président du groupe, a rappelé « l'engagement fort » de celui-ci dans un développement qui concilie la préservation des ressources naturelles, la stabilité économique et le bien-être social. Le directeur qualité de Casino a apporté « l'éclairage pratique » qu'on attendait de lui sur le partage de cette approche avec ses fournisseurs, dont Delpeyrat fait partie. Comme d'autres enseignes, Casino fait valoir cette approche auprès de ses clients et des élus locaux.
Diversification réussie
Les adhérents de la coopérative sont les premiers bénéficiaires de la diversification des activités (semences, légumes, volailles Label Rouge, canard gras, etc). Ce qui aide à ancrer l'activité agricole dans le Sud-Ouest. Ces activités sont pourvoyeuses d'emplois ; des emplois saisonniers entre autres, qui, grâce au groupement d'employeurs dont fait partie Maïsadour, sont orientés ailleurs après leur saison. Le recours aux travailleurs handicapés, la formation continue, la santé au travail (certification OHASAS 18001 chez Fermiers Landais par exemple) bouclent le « pilier social » du développement durable.
Le pilier environnemental est constitué de nombreuses actions : tri du papier au siège social, économies d'eau des abattoirs, panneaux photovoltaïques sur les toits, traitement des lisiers de palmipèdes, valorisation des coproduits des abattoirs Delpeyrat, cultures céréalières raisonnées, diminution des coûts de livraison des aliments aux élevages, gestion des déchets agricoles, cultures légumières référencées Eurep Gap et Nature's Choice… jusqu'à l'irrigation du maïs, soumise à une charte avec la Chambre d'Agriculture et l'agence de l'eau Adour-Garonne. Maïsadour défend enfin farouchement son implication dans la production de « bioéthanol » dans l'usine d'Océol à Lacq.
Toutes ces actions sont confortées par l'aplomb économique du groupe. Celui-ci atteint une taille critique respectable, avec près de 900 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007-2008 ; un milliard prévu en 2008-2009. Sa progression dans la gastronomie du Sud-Ouest et dans les semences (maïs, tournesol), ses partenariats industriels (Ardo, Bonduelle, Syngenta, Bayer Cropscience, Arrivé…), comme l'optimisation de son fonctionnement en amont lui ont valu un résultat de 14 millions d'euros, en progression de 30%.