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L’usine Petit Navire de Douarnenez en danger

Le groupe Heinz envisage de restructurer son activité et devrait céder plusieurs sites en Europe.

Sans avancer de noms ni de chiffres, Heinz a annoncé la semaine dernière sa volonté de restructurer sa branche européenne. En d’autres termes, le groupe américain cherche à se désengager d’activités non stratégiques, comme les fruits de mer, les produits surgelés et les plats préparés, pour se recentrer sur les secteurs plus rentables comme les sauces, les condiments ou les snacks.

Si elle semble devoir épargner le site de Château Renard (sauces), cette restructuration pourrait toucher l’usine de Douarnenez, sélectionnée par Heinz dans les probables condamnés. Cette unité de fabrication (marques Petit Navire et Parmentier) se retrouve aux côtés de trois usines spécialisées dans les produits tirés de poissons et fruits de mer dont veut se défaire le groupe.

Avec Douarnenez, les trois autres sites menacés sont éparpillés au Portugal, en Italie et aux Seychelles, a indiqué sans plus de précision M. Mullin, porte-parole pour les activités du groupe en Europe. Le couperet n’est cependant pas encore tombé, toujours selon M. Mullin. « Nous allons étudier toutes les options dans les six à neuf mois à venir», a-t-il expliqué, ajoutant qu’« il est encore trop tôt» pour savoir ce qu’il adviendra des effectifs concernés, comme des aides aux reclassements.

Annoncée jeudi dernier, à l’issue des résultats trimestriels du groupe, la refonte des activités de Heinz en Europe doit lui permettre « d’avoir une croissance encore plus rapide et d’être plus concentrée sur [ses] marques phares». L’attente est donc de mise pour connaître le sort des employés bretons, mais la coupe franche qu’opère Heinz ne s’arrête pas qu’aux produits de la mer. Au total, près de la moitié des employés du groupe en Europe pourrait voir leurs postes disparaître, soit 6700 sur 15000 salariés.

Un coup de semonce avait déjà été donné en 2004, avec la cession des boulangeries industrielles détenues par Heinz en Europe du Nord. Le détournement vis-à-vis des grandes marques et la faiblesse de la consommation dans le continent est à l’origine du désengagement de plus en plus fréquent des géants étrangers. Il y a peu, l’Américain Sara Lee annonçait la décision de se séparer de son pôle charcuterie (marques Aoste et Justin Bridou) emboîtant le pas de Masterfoods (barres chocolatées Mars, Snickers, etc...).

Rédaction Réussir

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