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L’USDA relance la dynamique du soja

Les fondamentaux demeurent bons pour les oléagineux avec des rapports offre/demande tendus. La conjoncture n’en dicte pas moins sa loi avec les sursauts de l’économie. Le pétrole à la baisse sur la fin de période entraîne les oléagineux dans son sillage.
Après deux semaines de correction, les cours sont nettement repartis à la hausse. Sur le marché à terme de Chicago, l’échéance juillet, particulièrement chahutée à l’approche de sa date d’expiration, a franchi la barre des 12,50 $ le boisseau et entraîne les autres contrats dans son sillage. Le manque de fèves en Argentine comme aux USA continue de tirer les cours vers le haut. La disponibilité aux Etats-Unis étant de plus en plus réduite, la demande se reporte vers le Brésil qui totalise ainsi 18,7 Mt d’exportations depuis février, soit 42 % de plus que l’an dernier. Les opérateurs chinois sont de nouveaux actifs aux achats ces derniers jours. Les conditions climatiques actuellement chaudes et sèches dans certaines zones de production du soja en Chine pourraient inciter le gouvernement chinois à attendre encore avant de remettre sur le marché les stocks accumulés.
Le rapport tant attendu de l’Usda sur les stocks trimestriels et les surfaces publié ce 30 juin a attisé les inquiétudes des acheteurs. Le report d’intention de semis de maïs et de blé de printemps vers le soja anticipé par les opérateurs n’a pas eu lieu dans les proportions attendues. Certes, l’Usda fait état d’une hausse des surfaces de soja par rapport à l’an dernier et à l’estimation de mars (respectivement +2,3 % et +1,9 %), ce qui représente les plus importantes surfaces de soja jamais semées aux Etats-Unis, mais, pour assainir la situation et reconstituer un peu de stocks, une récolte record est nécessaire.
En attendant, les mois à venir s’annoncent compliqués pour les utilisateurs. Dans un contexte de tel manque de disponibilités, la moindre incertitude climatique ou le moindre retard dans le développement des cultures engendrera des mouvements de marché. Compte tenu du contraste entre les deux campagnes, les prix des livraisons juillet et août sont nettement plus à la hausse que les prix nouvelle campagne. La spéculation sur l’écart de prix entre les deux campagnes va bon train.
Le colza à la traîne
Le cours du colza ne profite guère du mouvement du soja. La récolte qui débute dans certaines régions pèse sur le marché et les mouvements monétaires ne sont pas favorables aux cotations en euros. Les ventes de colza récolte 2008 s’épuisent. Selon les statistiques, il est clair que le rebond des cours en avril et mai a permis de déstocker une partie des quantités encore en ferme avec une collecte qui s’élève à plus de 200 Kt pour chacun de ces deux mois, fait particulièrement inhabituel à cette époque de l’année.
Concernant la nouvelle récolte, les ventes correspondant aux besoins de dégagement des organismes collecteurs ont déjà été effectuées. La situation européenne étant cette année attendue tout juste à l’équilibre entre le disponible (stock + production) et la trituration, les opérateurs sont particulièrement vigilants dans leurs ventes tant que les niveaux de production dans les principaux pays producteurs de l’Union ne sont pas sécurisés.

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