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« Les Russes sont prêts à faire face à l'embargo »


> Emmanuel Quidet, président de la Chambre de commerce et d'industrie franco-russe (CCIFR) basée à Moscou.
La Russie, l'Union européenne et les États-Unis ont engagé un bras de fer économique autour de la question ukrainienne. Des sanctions qui pénalisent surtout les Européens selon la Chambre de commerce et d'industrie franco-russe.

Les Marchés Hebdo : Quel rôle peut jouer la CCIFR dans cette crise entre l'Union européenne et la Russie ?

Emmanuel Quidet : Nous sommes opposés aux sanctions économiques. Le conflit ukrainien doit être résolu par la diplomatie. Les sanctions économiques sont un signe de faiblesse de la part de l'Union européenne. Depuis le début nous le disons : cela va se retourner contre les Européens. Nous faisons du lobby auprès des entreprises et des instances européennes pour montrer à quel point ces mesures peuvent coûter extrêmement cher à l'Union européenne. Les Russes sont prêts à faire face, bien plus que les Européens.

LMH : Les Russes peuvent-ils supporter cet embargo longtemps ?

E. Q. : Ils ne pourront pas tenir indéfiniment, mais ils peuvent se priver. Les fromages français, ça ne touche pas grand monde… et s'il n'y a plus de pommes, ils s'en remettront. L'avenir dépend des décisions de l'Union européenne. Les rétorsions russes ont pour le moment été mesurées, elles sont loin de toucher tous les secteurs.

LMH : Elles touchent quand même la totalité des produits alimentaires…

E. Q. : Oui, mais des sanctions contre les vins et spiritueux pourraient avoir un impact bien plus fort sur l'économie européenne !

LMH : Et concernant les entreprises qui travaillent en Russie comme Bonduelle, Lactalis ou Danone ?

E. Q. : Il n'y a pas de raison qu'il y ait des sanctions pour les entreprises installées en Russie. Au contraire, elles s'en sortent très bien. À part pour quelques produits de leurs gammes qu'elles importaient.

LMH : À la fin de l'embargo, les entreprises françaises vont-elles pouvoir rapidement retrouver leurs marchés ? Et seront-elles suffisamment en confiance pour y investir ?

E. Q. : Le risque est différent selon les produits. Un camembert restera toujours un produit français, non substituable sur le marché. Pour des produits comme les fruits et légumes, plus facilement remplaçables, il y a toujours un risque. Il ne faut cependant pas oublier que cela sera toujours moins cher de transporter des produits en Russie depuis Rungis que depuis Buenos Aires. Au-delà des problèmes sanitaires, c'est la première fois qu'il y a une telle vague de sanctions. J'espère une résolution rapide de la crise ukrainienne, les choses repartiront alors comme avant. Le marché Russe reste extrêmement important. Même s'il ralentit, il est en pleine croissance grâce au développement de la classe moyenne.

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