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Les prix du blé peu sensibles à l'allègement des stocks

Les prix du blé français se sont dissociés de la brusque hausse du blé américain et s'en tiennent aux fondamentaux. Le Maroc intervient pour beaucoup, par ses achats d'orge comme de blé, à contenir une conjoncture baissière.

Les observateurs attendaient de la conférence de Doha sur le gel de la production de pétrole dans les principaux pays producteurs, une répercussion sur les autres marchés de matières premières, puis ont craint que l'échec de cette conférence se traduise par un effondrement des prix du pétrole, avec une répercussion sur les autres marchés. Ce qui s'est produit de manière éphémère avant que le baril ne retrouve ses bases et les matières premières agricoles, leurs fondamentaux.

L'autre évènement aura été la très forte remontée des cours du blé à Chicago après la période de baisse causée par le retour de la pluie sur la ceinture céréalière (« weath belt ») nord-américaine menacée de sécheresse ; les fonds, qui avaient alors beaucoup vendu sont revenus aux achats de leurs positions, entraînant une forte hausse. Le phénomène risque de ne pas durer, et il n'a pas eu d'effet sur la place européenne, qui s'est dissociée de Chicago, se montrant ainsi beaucoup plus proche des marchés physiques. En France notamment, où ils ont en effet accueilli sans excès d'enthousiasme l'annonce de l'allègement du stock de blé par FranceAgriMer, et ce, malgré la forte mais tardive reprise de l'exportation illustrée par l'accélération des embarquements et les délivrances des certificats d'exportation (1,15 million de tonnes dans l'Union européenne pour la période du 6 au 13 avril). C'est surtout à la demande marocaine que l'on doit ce dynamisme opportun de l'export. Il permet de limiter les dégâts que risque de causer sur les prix un stock de report (dont une partie excessive de stocks en dépôt chez les organismes stockeurs) double d'une campagne normale. La campagne 2016-2017 risque de s'amorcer dans un climat de surabondance. Il faudra vite saisir les opportunités pour vendre.

Fermeté des cours du maïs

Le Maroc a aussi apporté sa contribution à la perspective d'une fin de campagne française d'orge équilibrée, avec un report prévu de 1,13 million de tonnes (Mt), dans la moyenne des cinq dernières années. À la date du 12 avril, 3,9 Mt d'orge avait été chargées dans les ports français, soit 63 % de plus qu'un an auparavant, avec une ascension vertigineuse vers le Maroc depuis le début de l'année.

Ce n'est certes pas les modestes échanges commerciaux qui permettent au maïs de maintenir une certaine fermeté, mais la tendance générale des cours, notamment à Chicago. L'allègement de 170 000 tonnes du stock de report, estimé par FranceAgriMer, le replace dans la moyenne quinquennale, avec 2,41 Mt.

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