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Les plats cuisinés français sont-ils exportables ?

Les plats cuisinés français s'exportent peu à l'étranger. Faut-il adapter les recettes traditionnelles, les conditionnements, communiquer plus ? Eléments de réponse...

Si certains aliments de base, comme le fromage ou le vin, peuvent être adaptés pour l'export, afin de correspondre aux habitudes de consommation d'un pays, c’est plus compliqué pour un plat cuisiné sophistiqué. Sur la forme, par exemple, il ne devrait pas y avoir de problème pour le cassoulet en conserve, notamment à destination des Etats-Unis, puisque les produits pasteurisés réussissent généralement à passer la barrière de la Food & Drugs Administration. « Pourtant, le cassoulet est l'un des plats les plus connus en France et les plus confidentiels à l'étranger», souligne Claude Hugonnet, vice-président de l'Association nationale de marketing. Mais le cassoulet n'est qu'un exemple parmi d'autres. Les plats cuisinés français s'exportent peu.

Faut-il, dès lors, adapter les recettes au goût des habitants du pays visé ? Certains sont pour et expliquent qu'il faut accepter que les autres intègrent nos plats cuisinés dans leur culture. Certains sont contre, ne voyant pas l'intérêt d'exporter une recette traditionnelle de terroir, s'il faut en changer les ingrédients ou le process de fabrication.

A ce propos, la notion de terroir fait beaucoup parler d'elle.

« A l'étranger, mettre en avant le terroir est vu comme une mesure protectionniste propre aux Français, souligne Gilles Dabezies, directeur de l'Économie rurale, littorale et touristique du Conseil régional de Languedoc-Roussillon/Septimanie. Cette notion n'existe d'ailleurs qu'en France. A l'étranger, on parle plutôt de territoire. Et sans aller jusqu'à une appellation du type “Vins de pays de France”, un peu généraliste, on peut trouver des territoires pertinents qui exporteraient leur image hors de nos frontières. »

Une communication importante

Le Conseil régional de Languedoc-Roussillon/Septimanie développe à ce propos deux axes de travail en faveur de l'industrie agroalimentaire. Un premier, en collaboration avec l'ARIAA, afin d'accompagner les entreprises de la région dans leur recherche de qualité et d'innovation, et pour la formation de ses dirigeants. Un second concernant l'export. « Nous créons une signature commune à l'ensemble des produits, qui sera la marque “Septimanie, la griffe du soleil”, poursuit Gilles Dabezies. Le conseil régional va communiquer de façon lourde et importante sur cette nouvelle identité qui évoque un territoire, le sud de la France, des produits qui ont une marque de fabrique commune, le soleil, une alimentation de type méditerranéen et une certaine qualité de vie ». La région préfère ainsi mettre de l'argent dans une communication commune, plutôt que de subventionner des entreprises pour leur promotion individuelle.

Un « galop d'essai » a eu lieu cet été auprès des touristes venus dans la région. La marque sera ensuite développée en France, puis travaillée à l'export à partir de 2006, marché par marché, pays par pays, afin de présenter aux GMS étrangères « quelque chose qui tient la route». Quitte à adapter les recettes ?

(1) Manifestation organisée, le 26 août, par le Syndicat du cassoulet de Castelnaudary, dans le cadre de la 6e Fête du Cassoulet de la ville.

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