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Les marchés, loin des fondamentaux

La publication du nouveau rapport du département américain de l’Agriculture, dont les prévisions font état d’une baisse de la production mondiale de blé, a provoqué un mouvement de hausse sur les marchés la semaine dernière, suivi d’une baisse équivalente.

Période du 10 au 16 octobre. Le nouveau rapport du département américain de l’Agriculture (USDA), paru le 11 octobre, a créé les habituels remous à chaud corrigés dès le lendemain par des éléments conjoncturels. En l’occurrence, il a aussitôt déclenché un mouvement de hausse, vite refroidi par les liquidations de positions par les fonds qui avaient trop parié sur cette tendance haussière. Pourtant, les fondamentaux plaident  encore plus, après ce rapport, en faveur d’une tension des cours persistante pour la campagne 2012-2013.

Les estimations baissières de l’USDA

L’USDA annonce une production mondiale de blé à 653 Mt, soit une baisse de 5,7 Mt par rapport aux prévisions de septembre et 42,6 Mt de moins que prévu il y a un an. Parmi les principaux ajustements baissiers d’octobre, figurent l’Australie avec 23 Mt contre 26,7 Mt en septembre et 29,5 l’an dernier. L’Union européenne à 27 est créditée de 131,6 Mt, soit 6 Mt de moins que l’an dernier, et les pays de la CEI voient encore leur production réduite à 77,71 Mt, soit -50 % par rapport à l’année dernière. Le stock de report mondial abandonnerait 25 Mt par rapport à 2011-2012, l’UE reculant de 4,4 Mt sur les prévisions d’octobre 2011 et la CEI de près de 10 Mt à 16,9 Mt. La plus dure révision en baisse concerne le stock de report mondial de maïs, abaissé de 6 Mt depuis septembre pour tomber à 117,3 Mt, 14, 2 Mt de moins que l’an passé, les Etats-Unis étant les plus touchés par ce nouvel ajustement pour tomber à 15,7 Mt, un chiffre inférieur au stock-outil normal.  

Des disponibilités françaises mesurées

Le maïs crée donc la tendance haussière de Chicago, à laquelle échappe paradoxalement l’Union européenne et plus particulièrement la France, pour laquelle FranceAgriMer peaufinait, à l’occasion de son conseil céréales, ses bilans prévisionnels. Ces bilans confirment une récolte de blé de 36 Mt mais rectifie en baisse la collecte de 200 000 t à 32,8 Mt. Les utilisations par les Fab étant abaissées  de 100 000 t, à 4,8 Mt, mais celles des exportations vers les pays tiers l’étant en hausse de 500 000 t, à 9,5 Mt, la prévision de stock de report tombe à 1,8 Mt. Cependant, la forte variable d’ajustement que constituent le poste autoconsommation et le stock à la ferme (3,15 Mt) permettrait, au fur et à mesure de la campagne, de revoir une collecte prévue à 32,8 Mt, et de conclure sur un report plus confortable. On fera la même observation pour le maïs, dont les prévisions de production vont de 15 Mt pour FranceAgriMer à 15,6 Mt pour l’AGPM. Le report peu conséquent annoncé par le conseil céréales de FranceAgriMer, 2 Mt, devrait être théoriquement plus important si l’on considère les chiffres de l’AGPM. Cependant, pour le maïs plus encore que pour le blé, l’évolution de la collecte lissera les différences.

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