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Les manifestations agricoles sanctionnées

Les motifs d’exaspération des agriculteurs sont nombreux, mais les actions musclées ou simplement spectaculaires sont de plus en plus sanctionnées par la justice. Dans le Sud-Ouest, les poursuites se sont multipliées.

Rodez, Périgueux, Agen, Auch… la liste des tribunaux où comparaissent des syndicalistes agricoles prend des airs de guide touristique du Grand Sud-Ouest depuis quelques semaines. À Rodez, ce sont des militants de la Confédération Paysanne qui comparaissaient mardi pour des plaintes liées à deux affaires différentes - un détournement de lait et de beurre par des producteur chez Valmont (Lactalis) et un «vol» de semences chez RAGT - mais jointes par la justice. Les deux affaires n’en faisant plus qu’une ont été renvoyées au 7 septembre prochain.

À Périgueux, c’est le président du Modef du Lot-et-garonne, Raymond Girardi qui comparaissait mercredi pour une manifestation lors de laquelle des fraises, des tomates et des salades avaient été déversées devant la mairie de la ville. Accusé de «violence volontaire sur agent détenteur de l’autorité publique», il attendra lui aussi le mois de septembre, le 14 exactement, le tribunal ayant demandé un complément d’enquête. Pendant l’audience, le procureur de la république avait requis 1000 euros d’amendes et évoqué le sursis.

En Lot-et-Garonne encore, des condamnations, notamment avec de la prison ferme pour le vice président de la Chambre d’agriculture, Serge Bousquet-Cassagne, et du sursis et une mise à l’épreuve de 3 ans pour Didier Galinou le président de la Coordination Rurale 47, sont déjà tombées à Auch en mars dernier. Jugement faisant suite à une descente vigoureuse l’été dernier au plus fort de la crise des fruits et légumes sur la base logistique d’Intermarché à Lectoure, dans le Gers. L’appel sera jugé à Agen. Deux autres affaires sont encore instruites à ce jour. La première pour une opération similaire menée à Beautiran en Gironde et dans laquelle une quinzaine de syndicalistes, dont Michel de Lapeyrière, président de la Chambre d’agriculture, Jean-Michel Ruchaud, président du GIE fruits et légumes d’Aquitaine et Didier Galinou.

Et pour conclure cette litanie, une opération menée à l’automne dernier devant le Bureau interprofessionnel du pruneau à Villeneuve sur Lot, devant lequel des pruneaux bio argentins saisis par les manifestants avaient été déversés, a aussi valu la mise en examen d’une poignée de manifestants, de la Coordination rurale et des Jeunes agriculteurs notamment.

Alors, dans la région, les syndicats crient à l’acharnement judiciaire. La Confédération accuse le parquet de Rodez de ne « chercher qu’à réprimer le syndicat Confédération paysanne» en citant dans un communiqué une lettre du procureur général de Montpellier appelant à « stopper une dérive inquiétante de l’action de la Confédération » et invitant à mener des « poursuites systématiques ».

Un credo déjà entendu au sortir du tribunal d’Auch en mars où les condamnés du jour estimaient que le jugement traduisait la volonté de l’État de « casser» la Coordination rurale parce que trop « politiquement incorrecte ». Les jeunes agriculteurs du Lot-et-Garonne dénonçaient mardi une « pression judiciaire sur les syndicats agricoles » et se demandaient ce qu’il « r estait du droit syndical en France ?»

Ces actions musclées, typiques du syndicalisme agricole, ont longtemps bénéficié d’une « clémence », d’une tolérance pour le moins, des pouvoirs publics. Ces temps sont manifestement terminés. Voilà probablement une manifestation de plus de la perte d’influence du monde agricole sur la société et la politique françaises, qui la rapproche en tout cas de son poids démographique réel.

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