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Les maïsiculteurs veulent retrouver leur « dignité »

Réunie en assemblée générale mardi et mercredi à Bordeaux, l’association générale des producteurs de maïs (AGPM) a dressé un constat d’inquiétudes.

Comme toutes les productions agricoles, le maïs est en proie au doute en cette saison sèche plus que de raison. Les polémiques n’ont cessé de s’abattre sur la plante durant l’été, depuis les charges contre l’irrigation jusqu’aux suspicions liées aux OGM. Si la récolte à venir paiera probablement un tribut conséquent au manque d’eau, d’autres échéances pourraient venir assombrir encore la tableau dans les mois prochains. Le rendez-vous de l’OMC à Hong-Kong en décembre s’avère ainsi risqué pour l’agriculture. De même, la négociation budgétaire européenne pour les sept prochaines années laisse planer nombre d’incertitudes quant au financement de la politique agricole commune après les charges printanières de Tony Blair, désireux de récupérer une partie de son chèque annuel ; tandis que se profile à l’horizon l’intégration de deux nouveaux pays dont il faut financer l’adhésion. Depuis l’entrée de 10 nouveaux pays au sein de l’Union, les équilibres ont changé. L’UE est maintenant excédentaire en maïs, et l’organisation syndicale regrettait hier, une fois de plus, le refus de Bruxelles d’accorder des restitutions pour les céréales, avant d’être obligé de prendre en charge le transfert des maïs de Hongrie vers l’Espagne, pays particulièrement éprouvé par la sécheresse.

Des restitutions plutôt qu’un transport onéreux

« Nous demandions 30 euros/tonnes de restitution, le transfert des céréales en coûte 60 de transport», a regretté Henri-Bernard Cartier, secrétaire général de l’AGPM. Durant toute la journée de mardi, les producteurs de maïs ont attendu de connaître la teneur des déclarations que devait faire le Premier ministre au Space, à Rennes. Ils se sont modérément réjoui des bribes d’informations parvenues jusqu’à Bordeaux, notamment sur la volonté de pousser les biocarburants plus avant. Dominique Bussereau, dont la visite était attendue à Bordeaux hier après-midi, devait apporter plus de précisions et se voir soumettre de nouvelles requêtes à propos de la création de stockage d’eau, problématique ultra-sensible ces jours-ci. « Après l’été que nous avons connu, nous attendons que le ministre nous redonne des perspectives, qu’il contribue à nous redonner de la dignité. Que nous puissions aller travailler dans nos champs sans avoir l’impression d’être coupable de quelque chose», résumait Christophe Terrain, président de l’AGPM.

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