Aller au contenu principal

Les fondamentaux supplantent le weather market

Le récent rapport USDA et surtout les bilans prévisionnels de FranceAgriMer du 12 novembre ont eu un effet baissier important. Le marché français du blé a particulièrement réagi à la perspective d'un stock de report exceptionnellement élevé.

Tous les récents rapports, analyses et autres bilans prévisionnels, qu'ils se situent aux niveaux mondial (CIC, USDA), européen (Commission) ou français (FranceAgriMer), confirment l'abondance des récoltes céréalières et des stocks qui en découleront. Celui du blé tendre devrait s'alourdir, le phénomène étant particulièrement spectaculaire dans l'Hexagone, où une récolte record, franchissant la barre des 41 Mt, laisserait selon les derniers bilans prévisionnels un écart de 5,2 Mt entre les offres et les besoins potentiels. Ce serait l'un des plus gros stocks de report dont nous ayons souvenance. Rappelons que parmi les débouchés que FranceAgriMer envisage pour dégager cette abondance, figure l'exportation vers les pays tiers de 11,5 Mt, objectif ambitieux selon certains mais que l'établissement estime réalisable. Il se fonde sur des éléments favorables : poursuite de la baisse de l'euro qui a déjà permis de se mêler à l'origine mer Noire lors des deux derniers appels d'offres égyptiens, retour en force de notre tradi-tionnel premier client, l'Algérie (achats de 550 000 t cette semaine, en optionnel mais avec une part majoritaire d'origine France), des embarquements à destination des pays tiers qui se maintiennent au rythme de l'an dernier (3 Mt chargées au 6 novembre).

Un rythme satisfaisant dans l'absolu, mais insuffisant pour dégager les silos portuaires. Trois d'entre eux, Sénalia et Socomac à Rouen, Nord-Céréales à Dunkerque, ont d'ailleurs suspendu leurs réceptions de blé meunier, pour raison d'encombrement. Cette pression de l'offre joue à plein sur les prix qui ont enregistré un net repli malgré le soutien d'un euro passé sous la ligne de 1,07 $. L'autre soutien qui intervenait jusqu'alors de manière ponctuelle (et spéculative), les risques de dégradation des cultures dans l'hémisphère Sud, est de moins en moins convaincant au fur et à mesure que l'on avance dans la campagne. Dans ces conditions, peut-on encore compter sur un sursaut durable des prix au cours des sept mois de campagne encore à courir ? Il semble bien que les fondamentaux aient pris le pas sur le weather market.

Orge : ralentissement de la demande chinoise

L'orge française est exposée de son côté au risque d'un ralentissement déjà perceptible de la demande chinoise qui constituait depuis le début de la campagne, 90 % de son débouché. Elle a cependant permis depuis le début de la campagne des chargements vers les pays tiers de 1,3 Mt supérieurs à ceux de l'an dernier et de tenir des prix fermes qui ont maintenant entamé leur repli.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde pour protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

Œufs : le bond des importations européennes vient d’Ukraine, mais aussi de Turquie

L’évolution des prix des œufs français, au 19 décembre 2025, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

María Marta Rebizo
Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Les Marchés a recueilli les réactions à chaud des porte-voix des agriculteurs du Brésil et de l’Argentine à l’annonce du…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

14,7 millions de tonnes de poulet sur le marché mondial en 2026, l'USDA prévoit un nouveau record

Le marché mondial de la volaille devrait poursuivre sa croissance en 2026. La production de poulet atteindrait des niveaux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio