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Les entreprises face aux nouveaux enjeux économiques

A l’occasion des assemblées générales de l’UNCGFL et de l’Aneefel, le directeur de l’Isema Patrick Sbaï a évoqué le baby-boom. Un sujet inquiétant pour les entreprises où le manque de main-d’œuvre va se faire sentir.

La parenthèse du baby boom va se refermer. C’est un événement majeur qui est en train de se produire, et va coûter cher à la France en termes économiques. Le papy boom, dont les effets se feront sentir dès 2006 va continuer jusqu'en 2030-2040. Et comme l’a expliqué Patrick Sbaï, directeur de l'Isema à l'occasion des assemblées générales de l'UNCGFL et de l'Aneefel, ce phénomène aura des conséquences sur l'emploi dans les entreprises : « En dehors des restructurations sectorielles, la pénurie touche aujourd'hui des secteurs d'activité majeurs (BTP, hôtellerie, agriculture industrie...). Dans moins de cinq ans, la pénurie concernera tous les secteurs d'activité du public comme du privé dans des proportions allant de 50 à 70% des effectifs pour certaines entreprises.»

Des projections font apparaître un contexte démographique inquiétant : entre 2000 et 2025, la tranche des 0/19 ans devrait diminuer de 23%, celle des 20/59 ans de 8% et celle des 60 ans et plus progresser de 50%. Pour mieux illustrer son propos P. Sbaï s'est adressé au public : « dans cette salle, 71% d'entre nous devraient vivre au minimum jusqu'en 2030, 50% auront cessé leur activité professionnelle dans les 10 ans à venir et la relève n'est pas encore prête !»

Des conséquences financières

L'impact sur les entreprises devrait comporter deux niveaux de risques : la perte du savoir faire, donc de la mémoire, des valeurs et de la culture d'entreprise aggravée par un turn over «d'une ampleur inégalée» désorganisant les structures fragiles. D'où des conséquences financières : coûts prohibitifs avec faibles retour sur investissement (recrutement sourcing, intégration, formation etc), donc augmentation du poids des frais et charges pour un personnel instable, caractéristique qui devrait entraîner une concurrence accrue entre entreprises, une baisse de la valeur ajoutée et des performances économiques fragiles.

Pour les salariés, ces évolutions laissent prévoir un allongement de la durée du travail, une accentuation des délocalisations, des restructurations et l'externalisation de certaines fonctions, des écarts de rémunérations entre tranches d'âge accentués par des difficultés d'adaptation aux évolutions techniques, linguistiques et culturelles. « Sans projet structuré de développement des ressources humaines et de stratégie de développement durable, il n'y aura pas d'entreprise solide, petite ou grande, devait conclure P. Sbaï. Ce ne sont pas les plus gros qui gagneront mais les plus rapides et les plus pro actifs.»

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