Aller au contenu principal

Les enjeux du TTIP pour les filières élevage

Les accords de libre-échange avec les États-Unis pourraient offrir des opportunités à l'industrie laitière européenne, mais aussi favoriser les exportations américaines de viandes porcines, bovines et de volailles. Enseignements d'un colloque organisé le 14 janvier.

Alors que le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) soulève des inquiétudes en France autour des questions agricoles et agroalimentaires, le RMT « Économie des filières animales » organisait le 14 janvier un colloque sur les filières animales aux États-Unis. L'Idele, l'Ifip et l'Itavi y ont présenté les résultats d'études menées sur les conséquences de la libération des échanges pour les filières élevage. Pour le porc, les importations européennes pourraient concerner principalement le jambon et la longe, deux pièces dont le prix américain rendu UE est inférieur au prix UE. « Le jambon est mal valorisé aux États-Unis », explique Estelle Antoine, ingénieure d'étude à l'Ifip. « Il pourrait entrer chez nous comme produit frais. En moyenne sur l'année, le prix américain est toujours inférieur au prix affiché à Rungis, avec un écart maximal en mars-avril. »

Pour la viande bovine, la compétitivité américaine dépend des morceaux. « Pour les avants, les Américains ne sont pas compétitifs sur le marché européen. Leurs prix sont proches des nôtres, et il faut leur rajouter la prime pour le sans-hormone », précise Pauline Madrange, chef de projet viande bovine à l'Idele. Pour l'aloyau en revanche, les États-Unis ont un vrai avantage compétitif, avec des écarts allant de 5 à 9 euros le kilogramme.

L'UE en position offensive sur le lait

Concernant la viande de volaille, il n'y a pour l'heure aucune exportation vers l'Union européenne, car le pays décontamine les carcasses au chlore et surtout à l'acide peracétique, deux traitements encore interdits en Europe. L'autorisation d'utiliser de l'acide peracétique est un point central des négociations autour du TTIP. Dans un avis de 2014, l'Efsa a estimé qu'il ne présentait aucun risque pour la décontamination des carcasses de volaille. Une prise de position qui laisse entendre pour certains, dont les associations de consommateurs européennes, un premier pas vers l'autorisation d'utilisation de cet antimicrobien.

Si tel était le cas, « les filets de poulet et les cuisses de poulet congelés seraient les plus disposés à entrer sur notre marché », considère Camille Deman, chargée d'études économiques à l'Itavi. « L'Union européenne pourrait toutefois classer ces produits comme sensibles pour les exclure des négociations. » « Il faut aussi retenir que Cargill et JBS possèdent des outils de transformation en Europe », souligne Yves Tregaro, responsable d'unité à FranceAgriMer.

Enfin, pour la filière laitière, les opportunités sont plutôt dans le camp européen. « Les coûts de production aux États-Unis sont inférieurs, mais la valeur ajoutée est nettement du côté de l'UE, qui exporte pour plus d'un milliard d'euros de produits laitiers outre-Atlantique », note Fabien Champion, chef de projet à l'Idele. Les négociations autour de la reconnaissance des indications géographiques restent toutefois un point clé. « Le lobby laitier américain est particulièrement opposé aux indications géographiques. Après les résultats décevants du partenariat transpacifique, le gouvernement américain aurait réaffirmé sa fermeté sur le sujet », prévient Fabien Champion.

Les plus lus

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio