Les éleveurs de porc auront leur Plan Bâtiment
Après les bœufs et les moutons, les porcs bénéficieront à leur tour d'un Plan de modernisation des bâtiments d'élevage. Une aide de l'État sera accordée dès 2007 aux producteurs. C'est la promesse faite mardi à l'AG de la Fédération nationale porcine (FNP) par le conseiller technique Productions animales de Dominique Bussereau. Aucun chiffrage n'a toutefois été avancé. Les premières propositions émanant de la rue de Varenne auraient été rejetées par les professionnels. Christophe Malvezin s'est donc contenté d'indiquer que le ministère de l'Agriculture ne voulait pas d'un « saupoudrage » des crédits.
Pour le président de la FNP, Jean-Michel Serres, l'enjeu est double. Il s'agit de gagner en compétitivité et de répondre aux nouvelles normes de bien-être animal. L'échéance est la même : en 2013. A cette date, les restitutions à l'export seront supprimées et les barrières douanières probablement abaissées. La concurrence sera alors exacerbée. Dans le même temps, une directive européenne imposera aux producteurs d'élever les truies en groupe. Cela nécessitera des investissements.
« Le parc de bâtiment est vieillissant. 40 % a plus de 20 ans, contre 10 % en 1994», a-t-il expliqué. Une situation liée, selon lui, à l'érosion régulière du prix payé aux producteurs. « Il faut soutenir l'investissement à travers un Plan Bâtiment », a martelé le président de la FNP. La fédération réclame au minimum 15 000 euros par élevage, soit le montant de l'aide Rénobat. Ce dispositif, inclus dans le Contrat de plan État Région, arrive à son terme fin 2006. Quant au nombre d'exploitations à cibler, il est estimé entre 6 000 et 8 000. « Attention au montage du financement, a aussi mis en garde Jean-Michel Serres. Nous n'imaginons pas que l'on supprime l'appui aux producteurs de porcs de montagne et de piémont. »
Une autre préoccupation du secteur porcin est de retrouver des marges de manœuvre. Cela passe par une simplification administrative. Le conseiller du ministre s'est montré réceptif sur le sujet, notamment en ce qui concerne la réduction des délais d'instruction des dossiers d'installations classées et l'exonération d'enquête publique en cas de projet à cheptel constant.
« La FNP formalisera dans quelques jours des propositions pour ramener les délais d'instruction à un an, à l'image de ce qui se fait dans d'autres pays de l'UE», a déclaré Jean-Michel Serres. Elle veut chasser toute ambiguïté dans les textes, qui fait par exemple que « l'administration considère l'ensemble des éléments fertilisants et intègre notamment le phosphore, quand la réglementation parle de fertilisation azotée». Le conseiller de Bussereau a annoncé que la France présentera lors du prochain Conseil agricole, le 20 mars, un mémorandum sur « la mise en œuvre et l'avenir de la Pac réformée». Le document appelle à l'adoption de mesures complémentaires « indispensables» en vue de simplifier la réglementation actuelle et de « mieux protéger le revenu» des exploitants. Deux propositions concernent la production porcine : une caisse de péréquation, visant à stabiliser le revenu, et un dispositif « assuranciel », servant à gérer le risque climatique voire sanitaire.