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Les distorsions de concurrence dans le collimateur de l’AMEB

L’association pour le maintien de l’élevage en Bretagne a souhaité, lors de son AG, que ses membres « harcèlent» leurs représentants politiques locaux pour qu’ils soutiennent la réduction des distorsions de concurrence.

« Vous avez des fiches de liaison à votre disposition pour que les arguments soient partout les mêmes ». François Palut, président de l’Association de maintien de l’élevage en Bretagne (AMEB) et du groupement de producteurs de porcs Léon Tréguier a décrété la mobilisation générale de ses adhérents. Gestionnaires du premier garde-manger de la France en produits animaux, les Bretons ont pointé du doigt deux heures durant les freins à leur développement : manque d’engagement des pouvoirs publics français sur le dossier biomasse (transformation des coproduits d’élevage en énergie) ; inflation des contrôles administratifs dans les exploitations ; attentisme des autorités dans le volet « restructuration » dans les cantons en ZES ; appréciation différente de la notion de traçabilité selon la provenance du produit…

Les distorsions de concurrence dont ils font l’objet favorisent les pays extérieurs à l’Union européenne, mais apparaissent aussi entre les États membres de l’Union, a souligné l’AMEB, qui fustige la France pour « son application trop rigoureuse» de certaines directives européennes en matière de bien-être animal, d’environnement, de santé humaine, etc.

Exemple en nutrition animale avec Dominique Perrocheau (Association des fabricants d’aliments du bétail). La facture de la tonne d’aliments a été grevée par plusieurs nouvelles charges : utilisation plus grande de soja depuis l’interdiction des farines animales (+ 3 euros) ; graisses animales à détruire (+ 3 euros) ; interdiction des additifs anti-biotiques (+ 3 euros) ; accroissement des contrôles de filière qualité (+ 1 euro).

La menace du « non »

M. Perrocheau y ajoute un surcoût éventuel de 3 euros la tonne pour monter une filière tracée de soja non-OGM si le conseil régional de Bretagne parvenait à interdire sur son territoire l’entrée de tout organisme génétiquement modifié. Compte tenu d’un indice de consommation moyen de 2,5, le surcoût alimentaire reviendrait à 37,50 euros la tonne de viande produite en vif.

Autre distorsion soulignée par l’AMEB, l’application de la directive bien-être en poule pondeuse et la réduction des droits à l’importation de poudres d’œufs pourrait durablement fragiliser la puissante filière bretonne (379 000 tonnes équivalent coquille, soit 47 % de la production de la France et 7 % de l’Europe).

En volaille de chair, Paul Lopez, patron de la branche volailles de Sanders (Boscher Volaille et les Volailles de Kéranna) estime tout à fait dangereuse l’incapacité de l’Union européenne à imposer à l’OMC des règlements concernant l’importation de viande de volaille, notamment en provenance du Brésil. Le risque est grand de voir des filets importés saumurés soit disant pour leur conservation perturbent durablement la filière française.

La somme de ces distorsions serait le résultat, selon le président François Palut, d’une vision uniquement d’auto-suffisance alimentaire en Europe, alors que certains pays (Etats-Unis, Brésil) « ont fait le choix de l’arme alimentaire ». En cette période de campagne pour le référendum sur le traité constitutionnel de l’Europe, le 29 mai, M. Palut a souligné que « si le « non » l’emporte, ce sera un « non » à vos politiques relayées par les services de l’État où règnent bien souvent l’incohérence et la volonté de casser l’élevage. »

Rédaction Réussir

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