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Les côtes-du-rhône font le choix de la diversification


> La récolte du vignoble a reculé de 12 % en 2013-2014.
Si le rouge représente 80 % de ses volumes, le vignoble diversifie sa production vers le blanc, le rosé ou encore l'agriculture bio, et cherche des débouchés à l'export.

Les volumes ont fait défaut aux appellations rhodaniennes au cours de la campagne 2013-14. À 2,5 millions d'hectolitres (Mhl), la baisse de 12 % des volumes par rapport à l'exercice antérieur n'a pu être totalement compensée par le déstockage. Cette stratégie a néanmoins permis aux appellations de la vallée du Rhône de limiter partiellement les pertes de marché et les augmentations frénétiques des prix. Michel Chapoutier, président d'Inter Rhône, et ses vice-présidents, Philippe Pellaton (producteur) et Étienne Maffre (négociant) ont tiré les enseignements de cette campagne atypique à l'occasion de la présentation annuelle des résultats de campagne des appellations rhodaniennes le 5 mars.

Si la majorité des volumes est constituée de vins rouges (80 %), de plus en plus de viticulteurs choisissent la voie de la diversification. C'est le cas pour les vins blancs dont 164 000 hl ont été produits en 2013-14. « C'est une niche, indique Philippe Pellaton, mais ces blancs sont très prisés par le consommateur, et nous devrions rapidement dépasser les 200 000 hectolitres. » En GMS, les blancs rhodaniens ont progressé de 11 % alors que l'ensemble des ventes d'AOP blancs ont régressé de 1,7 % en volume.

Nombreuses conversions en bio

Le bio a également le vent en poupe. Les côtes-du-rhône sont leaders des ventes en GMS pour le rouge AB, avec 18,3 % de parts de marché. En 2014, 232 660 hl ont été certifiés AB (+43 %) et la croissance devrait s'accélérer avec les conversions de nombreuses coopératives viticoles. « Néanmoins, a prévenu Michel Chapoutier, la conversion ne s'improvise pas. Pour la réussir, il faut être accompagné afin de maîtriser les techniques. » D'une manière générale, les ventes d'AOP/AB, toutes origines, sont en hausse de 10 % en volume en GMS et de 11 % en valeur. Mais comme pour d'autres productions agricoles, le ratio prix entre AB et conventionnel tend à se réduire. Il y a quelques années, le prix du bio était deux fois supérieur à celui du conventionnel, le différentiel n'étant plus que de 15 %.

Exporter 60 % des volumes n'est pas une utopie

L'engouement pour les rosés ne se dément pas, et sa commercialisation s'est élevée à 37 600 hl en 2013-14, soit 14 % des sorties de chais contre 8 % en 2004. Plus de la moitié est consommée en région et dans les circuits traditionnels. Mais en 2014, en raison des mauvaises conditions climatiques, les ventes en GMS ont baissé de 6,3 % en volume pour les AOP rosés vallée du Rhône, mais progressé de 4,8 % en prix. « Les rosés s'adaptent bien aux nouveaux goûts culinaires mondiaux, souligne Étienne Maffre. C'est donc à l'export que nous devons aller chercher des parts de marché. » L'export doit rester l'orientation majeure pour l'ensemble des AOP. Pour Michel Chapoutier, « il n'est pas question de désarmer le marché intérieur ni en références ni en volumes. Mais il faut se rendre à l'évidence que la consommation recule alors qu'elle se développe dans des pays comme la Chine, les États-Unis ou encore le Canada. Exporter 60 % des volumes n'est pas une utopie. »

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