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Les charcutiers courent après les porcs Label Rouge

Le Synalaf propose de limiter à 50 % l’utilisation de porcs labellisés pour le jambon, l’autre moitié restant sous CCP. Une première étape, dans l’attente d’un approvisionnement suffisant.

 L’échéance d’avril 2006 est-elle tenable pour les charcuteries Label Rouge ? Non répond le Syndicat national des labels du porc (Sylaporc). A cette date butoir, leur fabrication doit intégrer uniquement des cochons Label Rouge. C’est ce que prévoit la nouvelle notice technique. Mais les éleveurs et les charcutiers ont fait leurs comptes. Un gros décalage existe entre les besoins et les disponibilités en matières premières. Ils ont donc alerté fin décembre le ministère de l’Agriculture et la Commission Nationale des labels et certifications de produits agricoles et alimentaires (CNLC). Leur proposition est de limiter à 50 % l’approvisionnement en porcs labellisés pour le jambon, l’autre moitié restant sous Certification de conformité de produit. Les autres charcuteries peuvent quant à elles basculer à 100 % en porcs Label Rouge.

« Les besoins sont disproportionnés en jambon, souligne Caroline Didry, du Synalaf. Ce n’est pas le cas de toutes les pièces». Un chiffrage précis a été mené. Il faut 24 000 à 25 000 porcs labellisés par semaine pour assurer la fabrication de jambon. Les besoins en épaule (9 à 12 000), en gorge (7 000), poitrine (4 à 9 000) et coche (moins de 2 000) sont moindres. Reste à affiner tous ces chiffres en mesurant l’influence de l’augmentation du prix sur le produit de consommation. L’étude a été confiée à l’Ofival par la CNLC. Cette dernière attend les résultats pour se prononcer. Une réponse est attendue en mars ou avril.

Equilibre matière

« Le but n’est pas de rester à 50 % pour le jambon, précise Caroline Didry. Ca dépend de l’évolution de la production. Un facteur important est l’équilibre matière. La longe pose principalement problème. Son débouché est constitué presque uniquement par le marché du frais, qui n’est guère florissant. » Toute la difficulté est de valoriser en label un maximum de pièces, pour amortir les surcoûts de production. Ceux-ci ont été estimés par l’Institut technique du porc autour de 1,80 euro par kilo de carcasse et jusqu’à 1,91 pour le porc de plein air. A propos de la longe, le Groupement qualité produits alimentaires (Paq) travaille à l’élaboration d’un rôti cuit Label Rouge. L’interprofession porcine a pour sa part confiée à l’Adiv une étude sur la valorisation de cette pièce.

La filière a encore du pain sur la planche. Mais, les rangs des candidats au porc Label Rouge grossissent. Dernier dossier validé, celui de l’Association de promotion du porc du terroir, basée en Mayenne. Il s’agit d’une production sur paille, comme beaucoup des autres demandes. Dans ce cas, la démarche est en effet plus facile qu’en porc standard.

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