Aller au contenu principal

Les cantines franciliennes ont leur légumerie bio

Quatre agriculteurs d’Île-de-France produisant des légumes bio se sont unis pour créer un atelier de transformation en quatrième gamme. Elior et plusieurs cuisines centrales s’y approvisionnent déjà.
S’approvisionner en légumes bio directement auprès de producteurs, c’est désormais possible pour la restauration collective francilienne. La première légumerie bio devait être inaugurée jeudi 9 février aux Mureaux, dans les Yvelines. Si l’évènement a été reporté pour cause d’intempérie, la structure, elle, fonctionne bel et bien depuis début janvier. Installé sur la ferme de La Haye, cet atelier de transformation en quatrième gamme emploie deux personnes pour laver, éplucher et conditionner des carottes, choux verts et rouges, pommes de terre et salades bio provenant de quatre exploitations franciliennes. Menacée par un projet de circuit de formule 1 en 2008, la ferme de La Haye est à l’origine du projet de légumerie. Xavier Dupuis, l’agriculteur louant cette exploitation (désormais propriété de l’Agence des espaces verts d’Ile de France), a décidé d’introduire dans ses rotations deux hectares de carottes bio. Avec le soutien du groupement d’agriculteurs bio (Gab) d’Île-de-France, il a trouvé trois autres agriculteurs souhaitant mutualiser leurs efforts pour commercialiser leur production auprès de la restauration collective, des marchés bio et des magasins spécialisés. En 2011 est créée la Ferme bio Île-de-France, association de producteurs à but non lucratif ayant pour but de gérer la commercialisation des légumes. Une Cuma, Bio Val de Seine, voit ensuite le jour pour gérer l’outil. S’y sont associés vingt et un producteurs franciliens susceptibles d’utiliser ponctuellement l’atelier. Pour financer l’outil, d’un investissement de 200 000 euros, des aides ont pu être trouvées auprès de l’Agence de l’eau, du conseil régional ou encore de fonds européens.

Des contrats pour planifier les assolements

« Après un premier test en décembre, la légumerie est opérationnelle depuis janvier. L’objectif de fonctionnement à plein de l’outil est de 200 tonnes par an », précise Angélique Piteau, responsable des relations publiques du Gab Île-de-France. Ces volumes proviendront d’une surface de 10 hectares de légumes. « L’objectif à terme est de planifier les assolements grâce à la mise en place de contrats avec les acheteurs de la restauration collective », ajoute-t-elle. Pour l’instant, la légumerie approvisionne la société de restauration collective Elior et les cuisines centrales du Sivuresc, syndicat intercommunal de restauration des villes du Blanc-Mesnil et de Pantin. « On va sûrement approvisionner le Siresco * qui regroupe 14 communes dont Bobigny et Ivry-sur-Seine. On va aussi pouvoir fournir les lycées et collèges de l’Essonne », annonce Nathalie Zanato, responsable de la structuration des filières du Gab Île-de-France. Pour la logistique, la légumerie fait appel à un transporteur et livre à J+1.
Les porteurs du projet réfléchissent déjà aux évolutions futures de l’atelier. Pour l’heure, la légumerie ne fournit que des légumes entiers, mais une demande émerge déjà pour des pommes de terre en lamelles, des carottes en rondelles ou des choux émincés. Cette expérience pourrait aussi inspirer d’autres filières bio d’Île-de-France, notamment l’élevage, estime Angélique Piteau.

* Syndicat intercommunal pour la restauration collective.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio