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Légumes: la Bretagne réfléchit à son avenir

En pleine période de tensions, les légumiers entament paralèllement une réflexion stratégique.

Ces derniers jours, la Bretagne légumière oscille entre mécontentement syndical et réflexion sur l’avenir. Alors qu’entre 4000 et 5000 producteurs de légumes et salariés des entreprises de la filière (négoce, emballage, transport action technique) ont manifesté dans le calme, dimanche à Guingamp (Côtes d’Armor), pour défendre leur filière, la Sica Saint-Pol (Saint-Pol de Léon, Finistère) vient d’achever son séminaire stratégique. La première organisation de producteurs de France tient en effet tous les quatre à cinq ans une réunion de réflexion sur ses grandes évolutions à venir. Celle-ci tombait à pic : ces derniers mois, les 4 000 producteurs de légumes de la région Bretagne (presque la moitié adhèrent à la Sica) ont rencontré de grandes difficultés : endives en crise l’année dernière, prix des tomates en baisse, deux crises du chou-fleur en 2004.

Les producteurs de légumes, desquels dépendent près de 10 000 salariés en Bretagne, ont multiplié les coups d’éclat ces dernières semaines pour alerter l’opinion sur leur situation. Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes à la suite de dégradations de biens et attaques de personnes. Un policier a été gravement blessé à la tête, lors d’une manifestation à Morlaix (Finistère), et est toujours hospitalisé. Et deux gendarmes ont été séquestrés pendant quelques heures dans les Côtes d’Armor.

Si le calme semble quelque peu revenu, notamment en raison de la remontée des cours du chou-fleur, les inquiétudes restent fortes. Les distorsions de concurrence (main-d’œuvre, réglementation sanitaire différente) des légumes venus de l’est de l’Europe ne manquent pas d’inquiéter. Dans ses projets stratégiques, qui deviennent tôt ou tard ceux de tous les producteurs de légumes bretons, la Sica Saint-Pol a décidé de développer sa politique de qualité. En tête de ces projets figure la certification des exploitations selon la certification européenne Eurepgap. 10 % des exploitations bretonnes peuvent actuellement y prétendre, selon Gérard Roué, directeur développement à la Sica Saint-Pol-, certification des stations de conditionnement.

Il convient de faire vite car depuis deux ans, « l’Espagne et la Belgique ont nettement avancé en la matière », poursuit Gérard Roué. La Bretagne devra aussi encore plus segmenter son offre, de préférence vers des produits de quatrième gamme générateurs de plus grande valeur et que les producteurs très compétitifs de l’Est ne peuvent pas encore offrir. Combien de producteurs pour ce schéma de production ? Gérard Roué dit juste qu’« aucune de ces évolutions ne se feront sans main-d’œuvre ».

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