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Le saumon fumé est revenu en grâce

Chez Direct Océan, on pratique l’ironie sans forcément le vouloir. Sur le site internet de cette société boulonnaise spécialisée dans le saumon frais et congelé, la page d’accueil annonce « le saumon dans tous ces états ». Rien d’exceptionnel si l’étude controversée du magazine Science n’était passée par là, avec des conclusions qui avaient effectivement de quoi mettre sens dessus dessous la filière piscicole européenne. Prétextant la « toxicité » du saumon d’élevage européen, elles proposaient comme alternative le saumon d’Alaska et du Chili.

Dans un premier temps, l’impact a été très fort, avec une chute sensible de la consommation de saumon en France, mais également à l’échelle européenne. Premiers touchés, importateurs et transformateurs ont subi des pertes conséquentes. « Le chiffre tourne autour de 25 M EUR environ pour l’ensemble de la filière européenne » annonce Philippe Barbe, de Direct Océan. Pour cette entreprise qui importe 12 000 tonnes de saumon par an (10 % du marché français), les pertes ont été plus modérées, avec un manque à gagner de 40 000 euros. « En janvier, nous avons importé 700 t au lieu de 1 000 en temps normal. Mais depuis 15 jours, nous sommes revenus à une situation normale».

« Une cabale »

La contre-offensive médiatique a contribué à rattraper les erreurs initiales, avec de nombreux sujets consacrés à « l’affaire du saumon ». « S’il n’y avait pas eu de réaction en sens inverse, pour démonter cette cabale contre le saumon européen, cela aurait pu être dramatique car le secteur représente des dizaines de milliers d’emplois. Et le consommateur n’aurait eu qu’une seule alternative, le saumon d’Alaska », assure M. Barbe. Un choix pas forcément justifié, car ce poisson est de moins bonne qualité, selon lui. Les plus belles pièces partent au Japon, plus rémunérateur, le bas de gamme étant réservé aux autres marchés. Pour Direct Océan, « le fait de présenter le poisson d’Alaska comme l’alternative est un mensonge éhonté, car il est sec et sans goût. Ce produit n’a pas d’avenir. Le saumon pêché en Alaska, est congelé puis envoyé en Chine, où il est transformé, recongelé puis exporté en Europe ».

Rédaction Réussir

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