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Le rapport USDA enfonce le soja

Après une semaine placée sous l’influence négative de la crise financière, le marché du soja se trouve à nouveau sur la défensive, enfoncé par les hypothèses retenues par le département américain de l’Agriculture (USDA), dans son rapport du 12 septembre.
Les prix du blé, du soja et du maïs ont terminé en ordre dispersé lundi 12 et mardi 13 septembre, les marchés réagissant de manière négative au rapport mensuel du département américain de l’Agriculture sur l’offre et la demande. « Le rapport a été reçu négativement en grande partie car les attentes sur la production américaine de soja ont été revues à la hausse de manière surprenante », a déclaré Bill Nelson, analyste chez Doane Advisory Services.
Le très attendu document de l’USDA a relevé ses projections de production de graines de soja et de stocks aux États-Unis pour la campagne 2011-2012, prévoyant une récolte de 83,97 millions de tonnes (Mt) aux États-Unis contre 83,17 Mt estimées en août, et le stock final à 4,48 Mt contre 4,22 Mt.
« Cette révision à la hausse surprend le marché d’autant que la météo a été très mauvaise en août. Le gouvernement a sûrement été trop prudent lors de ses prévisions précédentes », a ajouté Bill Nelson.
Le contrat de soja pour livraison en novembre s’est adjugé à 13,96 dollars contre 14,267 dollars (- 2,16 %).
L’Allemagne reste présente aux achats, en particulier sur le rapproché, pour combler son déficit de graines. Même si les primes baissent quelque peu, elles restent attractives et les usines allemandes continuent à capter de la graine française et anglaise. Sur le marché à terme, l’importance de la position ouverte sur le contrat novembre perturbe quelque peu la construction des prix. À l’approche de la clôture de l’échéance, il est cohérent que le prix du marché à terme intègre la valeur de la prime négociée de gré à gré. Toutefois, les acheteurs ne veulent plus indexer le prix des livraisons de septembre à décembre sur cette échéance qu’ils estiment « trop chère ».

Le prix du colza européen interpelle

Au-delà de ce contexte ponctuel, ce qui interpelle les opérateurs, c’est le comportement du prix du colza européen comparativement aux autres origines. En effet, compte tenu des hypothèses actuelles sur les bilans européens, les importations de colza devraient encore augmenter par rapport à l’an dernier.
Mais pour que les utilisateurs aient intérêt à importer, il faut que la graine européenne, en dollars, soit chère comparativement aux autres origines. Aujourd’hui, l’écart de prix entre le colza européen et le canola canadien, ou australien, n’apparaît pas suffisant pour capter la marchandise nécessaire aux besoins de l’Union. Soit on triture encore moins en Europe (et les faibles marges actuelles de la trituration militent dans ce sens), soit l’écart de prix se creusera avec les origines pays-tiers à un moment ou à un autre. Ou le prix du canola baisse pour regagner de la compétitivité, ou le prix du colza UE s’apprécie. La tendance imprimée par le soja sur ce début de semaine est malgré tout susceptible de casser cette dynamique.

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