Le poulet brésilien mise sur la valeur ajoutée
Sûr et conforme aux exigences du développement durable, le poulet brésilien s'adapte aussi à tous les cahiers des charges, comme une alimentation garantie sans OGM ou 100 % végétale, a argumenté le premier exportateur mondial mercredi à Paris. Dans la foulée de la très anglo-saxonne Conférence mondiale de la volaille, à Londres la semaine dernière, l'Abef (association brésilienne des exportateurs de volaille) a soutenu devant des journalistes européens que les exportateurs brésiliens de volaille « investissent dans le développement durable à tous les stades de la production, pour préserver la forêt amazonienne et les ressources naturelles, pour défendre la diversité génétique et améliorer les conditions de travail en usine », qu'en outre ils « contribuent à des projets de contrôle d'impact sur l'environnement soutenus par le Comité exécutif pour le changement climatique des Nations Unies ».
Les méthodes de contrôle des risques comme HACCP n'ont pas de secret pour l'industrie avicole brésilienne, intégrée à 90 % et aussi très concentrée, puisque les 4 principaux exportateurs comptent pour 65 % de l'activité. Les pratiques vétérinaires sont régulièrement auditées. Loin de la forêt primitive, les régions du Sud produisent les trois quarts des poulets exportés. 90 millions d'hectares se prêtent à l'expansion des cultures de soja et de maïs, d'après la Confédération nationale de l'Agriculture. L'Abef met en avant sa coopération avec la Société mondiale de protection des animaux (WSPA). Quant à la désinfection des carcasses, un vétérinaire a précisé que cela est interdit au Brésil, et que les industriels n'ont ni l'intention ni l'intérêt d'utiliser la méthode américaine.
Les Brésiliens ne croient pas à une levée des protections du marché européen dans un avenir proche. Ils misent en revanche sur la qualité et la valeur ajoutée. Les deux principales portes d'entrée européennes que sont les Pays-Bas et l'Allemagne sont respectivement en 4e et 10e position des pays clients en tonnage (354 000 tonnes en 2007), mais en première et 7e position en valeur (922 millions de dollars).
Le tonnage expédié en Europe a progressé de 23 % en 2007 ; il frise 20 % du total. Les viandes élaborées ne représentent à l'heure actuelle que 5 % des exportations.