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Le poisson d’élevage français cherche sa place

À l’instar de ses concurrentes européennes, l’aquaculture française veut profiter de la demande croissante.

Près du tiers des poissons frais consommés en France sont issus de l’aquaculture. C’est pour lever le voile sur ce secteur que le comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA) organisait hier un point d’information, avant la semaine du poisson d’aquaculture prévue du 31 mars au 7 avril. Aux côtés de l’Inra et de l’Ofimer, les professionnels souhaitent développer ce mode de production, tout en améliorant le système d’alimentation pour limiter l’impact sur l’environnement. Il s’agit aussi de mieux communiquer auprès du consommateur, alors que les ressources halieutiques régressent et que la demande se fait croissante. « Notre objectif est de doubler la production dans les dix prochaines années », déclare Dominique Duval, président du Cipa, conscient du potentiel dont dispose la France à travers son littoral.

Norvège et Grèce devant

Les Français consomment 35 kg de produits d’origine aquatique par an, dont 24 kg de poisson. 12 % de ce volume global provient de l’aquaculture et même 30 % pour les produits frais. Le saumon représente l’essentiel de ces produits d’élevage, importés dans leur majorité. La France importe en effet 85% du poisson qu’elle consomme, qu’il s’agisse de produits de pêche ou d’aquaculture.

Pour Arnaud Chaperon, pisciculteur dans le sud-ouest et membre du CIPA, l’aquaculture française reste encore peu développée. « La filière compte 600 entreprises et engendre environ 12 000 emplois directs ou indirects », explique-t-il, en regrettant les barrières dressées par la société :

« Contrairement aux producteurs de canards, les pisciculteurs installés dans ma région souffrent d’une mauvaise image. On fait pourtant le même métier, c’est sur cela qu’il faut travailler ! » insiste-t-il. Le problème est plus sensible encore sur le littoral, où l’espace est très disputé du fait des fortes densités de population.

Un projet d’élevage de cabillauds au large de l’île de Groix (Morbihan) s’est heurté au refus des associations de riverains l’an dernier. Les habitants craignaient des dégradations causées par les déjections des poissons et par les excédents d’alimentation. En Norvège et en Grèce, la moindre occupation du littoral a déjà permis une exploitation à plus grande échelle du « filon » de l’aquaculture. Un mouvement qui s’étend maintenant à d’autres zones comme le Portugal. La société espagnole Pescanova, spécialisée dans les produits de la mer, a d’ailleurs annoncé début janvier son intention d’y investir 140 Meur pour créer la plus grande unité d’élevage de turbots au monde - plus de 7000 t de poissons par an - dans la ville côtière portugaise de Mira. L’aquaculture française représente aujourd’hui moins d’un milliard d’euros de CA, un chiffre bien en deçà des possibilités nationales d’après les représentants du secteur.

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