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Le pois protéagineux joue à cache-cache avec les FAB

La culture du pois protéagineux a régressé de moitié en trois ans. La récolte 2006 est épuisée. L'ingrédient reparaîtra-t-il dans l'alimentation porcine ? Elements de réponse.

La culture du pois protéagineux, concentrée sur des surfaces encore plus réduites que l'an passé, annonce une récolte en pointillés qui gêne les utilisateurs fabricants d'aliments. Elle occuperait entre 170 000 hectares (selon l'Unip) et 179 000 ha (selon le Scees), soit 25 % à 28 % de moins dans les derniers pronostics. Sa sole s'est ainsi réduite de moitié en trois ans, s'alarme l'interprofession. Les services statistiques la voient régresser sensiblement dans les quatre grandes régions de production, jusqu'à 49 % en Champagne-Ardenne. Il semble que les producteurs céréaliers trouvent plus d'inconvénients que d'avantages à choisir cette culture de printemps, en dépit de son intérêt agronomique et de prix attractifs.

Les conditions climatiques ont déjà affecté le potentiel, constate encore l'Unip avec prudence, car « il reste encore la partie la plus importante du cycle à former ».

Motivés par les perspectives de revenus du colza ou des orges de brasserie, les producteurs ont pu hésiter à semer des cultures protéagineuses, pois ou féverole, dont les rendements les ont déçus ces deux dernières années. En juin 2005 et 2006, les fleurs se sont desséchées. Les prochaines semaines diront si la malédiction va se renouveler, car la culture de printemps commence déjà à fleurir en région parisienne, avec trois semaines d'avance.

Les fabricants d'aliments s'accoutument à la restriction des disponibilités. A la Cooperl, le pois a été déclassé de la position de premier aliment des porcs à celle de « petite matière première », incorporé entre 0 % et 5 %, regrette le responsable de la formulation. La coopérative est éloignée des grandes régions de cultures ; or la distance entre la parcelle et l'élevage porcin se réduit. Le prix, à peine compétitif par rapport au couple blé/tourteau de colza (ou de soja), ne souffre pas le coût du transport.

Demande indienne

L'offre est très réservée en ce moment. Les organismes de collecte ne savent à quoi s'en tenir. La proximité des ports maritimes incite à répondre à la forte demande indienne en juillet et août, avant l'arrivée de l'importante récolte canadienne. L'alimentation humaine paye mieux que l'alimentation animale. L'Unip s'inquiète de cette position commerciale. En effet, si la féverole française est compétitive à l'export en Égypte, le pois trouve dans l'export sur pays tiers un débouché bien aléatoire.

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