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Le plan Sarkozy profitera peu aux consommateurs

L’éventuelle baisse des prix de 3% en septembre ne devrait pas alléger de beaucoup le panier de la ménagère. Cette réduction est indexée sur les prix de janvier. Or nombre de GMS ont depuis engagé de vastes promotions.

Le consommateur ne verra peut-être pas beaucoup la différence dans son porte-monnaie après la baisse des prix demandée par Nicolas Sarkozy qui vise les produits de grandes marques déjà coûteux, estiment des professionnels. Plusieurs éléments laissent supposer cela. De nombreux distributeurs, Carrefour en tête, ont déjà lancé des vastes promotions au printemps qui réduiront d’autant l’effort demandé. En euro, 3 % de baisse sur des produits de tous les jours risque de ne représenter que quelques centimes d’euro, ce qui limitera l’impact psychologique pour les consommateurs habitués à des promotions ponctuelles plus spectaculaires ou aux produits 30 % moins chers des hard-discounters. Vendredi, les deux distributeurs les plus offensifs sur le dossier, Leclerc et Carrefour, ont d’ailleurs laissé entendre qu’elles n’auront qu’un effet limité dans l’immédiat, même si elles peuvent être un point de départ. « Il faut bien comprendre que ces chiffres de 3 % et 5 % sont des chiffres symboliques», a commenté vendredi matin sur BFM Michel-Edouard Leclerc, le patron des Centres Leclerc. « Car il y a des distributeurs qui ne sont pas chers, comme moi-même, et d’autres très chers : que Monoprix ou Casino baissent leurs prix de 5 %, cela n’a pas le même effet que quand Leclerc baisse de 3 % », a-t-il affirmé.

La baisse Sarkozy ne doit être qu’un début

« Nicolas Sarkozy est un homme pressé, il veut agir à court terme, en donnant un signal fort sur les prix des grandes marques pour relancer la consommation. Il mobilise les professionnels sur le mois de septembre et veut un effet visible pour le consommateur», a-t-il dit. Mais pour Leclerc la baisse Sarkozy ne doit être qu’un début. « Il y aura un grand chantier pour revoir la politique de concurrence afin que grâce à la concurrence entre enseignes on ait des baisses beaucoup plus substantielles», a-t-il plaidé. De son côté, Carrefour a souligné avoir déjà « largement engagé» une baisse de ses prix ces derniers mois -une vaste opération promotionnelle en avril concerne plus de 6 000 produits- laissant entendre que l’effort demandé en septembre sera pour lui d’autant réduit. Mais interrogé sur Europe 1, le pdg du groupe Daniel Bernard n’a pas écarté l’idée d’un effort supplémentaire si on modifie la loi Galland.

En revanche d’autres groupes moins puissants sont loin de crier victoire. Système U, soulagé que la baisse demandée ne soit pas plus grande, s’inquiétait de voir diminuer d’un quart sa marge nette. La plus grande inconnue n’est pas la baisse des prix, mais l’effet sur la consommation. Le groupe Casino rappelle régulièrement le cas hollandais, où une guerre des prix entre supermarchés a fait baisser les prix de 10 % sans que les ventes n’augmentent d’un iota, et a entraîné la fermeture de centaines de supermarchés indépendants.

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