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Le plan de modernisation de la viticulture inquiète la Cnaoc

L'avenir du secteur viticole doit rester dans les mains des filières régionales, estiment les interprofessions régionales viticoles et la Cnaoc. Ils refusent une interprofession nationale.

Voulu par Nicolas Sarkozy, le plan de modernisation de la viticulture (présenté mercredi prochain en conseil des ministres) s'était donné pour mission d'améliorer la compétitivité de la filière française. Les présidents des interprofessions régionales viticoles et la confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie à AOC (Cnaoc) ont exprimé, mercredi 14 mai, leurs inquiétudes sur le rapport remis à Michel Barnier, le 24 avril, par les présidents des trois groupes de travail. La question de la gouvernance de la filière cristallise les débats. Les interprofessions régionales refusent la création d'une interprofession nationale pour tous les vins, idée évoquée dans le rapport alors qu’elle n'a pas recueilli le consensus lors des discussions préalabless. Elles s'inquiètent aussi du pouvoir de décision que le plan de modernisation pourrait donner au conseil «vins» du futur office agricole unique. «S'il s'agit de décider d'affecter des crédits publics, oui, mais s'il s'agit de décider des politiques professionnelles, non !», estime en substance le Cnaoc. Signalons qu'aujourd'hui le conseil «vins» de Vinifhlor ne donne que des avis.

Attentes autour de la pub sur internet

Les interprofessions régionales et le Cnaoc sont «catégoriquement opposés à une économie administrée et dirigée au niveau national par les pouvoirs publics» résume un communiqué. «Bordeaux n'est pas la Champagne et la Champagne n'est pas le Languedoc Roussillon. Il n'y a pas une stratégie mais des stratégies. L'enjeu pour l'avenir de notre secteur est de responsabiliser les filières régionales et de leur donner des instruments efficaces de gestion de régulation de marché», a précisé Jean-Louis Salies, président du comité interprofession des vins du Roussillon et du comité national des interprofessions viticoles (Cniv). Cette indépendance régionale est aussi revendiquée pour le financement de la recherche.

Les arbitrages interministériels devaient être pris, vendredi 16 mai. Les professionnels attendent de pied ferme la présentation par Michel Barnier, le 22 mai prochain à Paris, des détails du plan de modernisation de la viticulture. Alors que la conjoncture s'avère plus favorable que l'an dernier, le gouvernement pourrait éviter les points de débat et se borner à détailler la répartition de l'enveloppe de 171 millions d’euros, allouée par Bruxelles dans le cadre de la réforme de l'OCM vin.

Mercredi dernier le conseil de direction spécialisé «filière viticole» de Viniflhor a adopté le partage suivant : 62 millions d’euros pour la restructuration du vignoble, 50 M Eur pour la promotion et l'investissement, 40 M Eur pour les prestations viniques, 15 M Eur pour l'aide à l'utilisation des moûts concentrés et 5 M Eur pour l'assurance récolte.

Au-delà du plan de modernisation de la viticulture, les professionnels s'impatientent sur la question de la publicité et notamment de la publicité des vins sur internet. Ils voudraient voir les règles du jeu clarifiées alors que les procès menés par l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (Anpaa) se multiplient.

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