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Le plan d'avenir de la pêche ne rassemble pas la profession

La pêche française ne pourvoit qu'à 15% à la consommation française des produits de la mer. Pour maintenir et valoriser la filière, le ministère vient de proposer un plan qui ne soulève pas l'enthousiasme des pêcheurs.

Ambiance tendue hier à l'assemblée générale du comité national des pêches (CNPMEM). Quelques jours après l'annonce de son plan d'avenir pour la pêche, Dominique Bussereau a été accueilli dès le début de matinée par une série de doléances exprimées individuellement par les diverses familles professionnelles. Devant un parterre visiblement désuni, parfois virulent et impatient, le ministre s'est montré irrité, cinglant même après l'intervention de Bernard Steinitz, secrétaire général de l'Union des mareyeurs français (UMF) sur la destination des aides de l'Ifop (instrument financier d'orientation de la pêche) jugée par ce dernier trop favorable à l'amont.

« Comme je n'ai pas du tout aimé la manière dont vous m'avez posé la question, c'est Damien Cazé (ndlr : directeur des pêches et de l'aquaculture) qui répondra tout à l'heure» s'est emporté Dominique Bussereau, brandissant par la suite devant l'auditoire l'enveloppe de 80 M Eur durement obtenue auprès de Bercy en avril pour aider la filière à faire face à l'augmentation des cours du gazole. Un argument qui n'a pas suffi à faire taire des professionnels mécontents, confrontés à de mutliples difficultés (attaque des environnementalistes, concurrence entre pêcheurs, cohabitation avec les autres utilisateurs du littoral, rareté de la ressource, prix du gazole...).

« L'aide de 80 M Eur se fait attendre ; vous jouez la montre avec un plan d'avenir de la pêche qui ne résoud rien des problèmes du moment. Rien n'a été fait contre la pêche illégale », l'a ainsi interpellé Frédéric Charrier, secrétaire général du comité des pêches de St Gilles Croix de vie.

Table ronde en septembre sur l'interprofession

Le président du CNPMEM, Pierre-Georges Dachicourt, a tenté de calmer le jeu en rappelant aux professionnels la nécessité de s'unir face à l'adversité. Approuvant l'idée de la création d'une interprofession souhaitée par le gouvernement, il a fait remarquer que cette structure réclamait « des synergies » et « des consensus» pour relever des défis. « Le CNPMEM est prêt à les relever. Il n'a pas la prétention de le faire seul», a-t-il ajouté. A ce propos, Dominique Bussereau a précisé que la direction des pêches, en liaison avec le CNPMEM et l'Ofimer, prendrait l'initiative de convoquer en septembre les acteurs de la filière pour une table ronde visant à mettre en place l'interprofession.

Rassurant l'auditoire sur l'avenir de l'Ofimer, le ministre a ajouté qu'il signerait avec l'office un contrat d'objectifs sur l'amélioration des conditions de mise en marché des produits et coproduits. Pour renforcer l'adéquation entre la pêche et le marché et restreindre le marché noir, M.Bussereau a prévenu que le rattachement à une halle à marée devra être effectif pour tous les navires. Quant à la réforme des droits à produire, « un décret sera pris dès que les derniers réglages seront trouvés ». Selon la volonté du CNPMEM, ces quotas seront alors gérés collectivement et non individuellement, comme l'aurait souhaité la Direction des pêches.

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