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Le petit basque - Le succès des produits frais de brebis et de chèvre

L’entreprise girondine diversifie ses desserts et grandit avec le goût du public pour le brebis et le chèvre. Son approche RSE unit éleveurs et employés.

Une médaille d’or pour le yaourt au lait de chèvre, de bronze pour la crème chocolat au lait de brebis au Concours général agricole du Salon de l’Agriculture 2018 ! », se réjouit Hubert Martin, directeur de l’usine Le Petit Basque située à Saint-Médard-d’Eyrans, à 20 km au sud de Bordeaux, aujourd’hui rattachée au groupe familial Sill. Ce n’est pas le Pays Basque, qui n’est d’ailleurs pas revendiqué dans l’identité visuelle : ni drapeau vert-blanc-rouge, ni béret, ni typographie typique. « La référence basque vient des fondateurs de l’entreprise en 1950, la famille Alcacheburry, qui a développé à Bordeaux une recette traditionnelle basque. À l’origine, cette pratique est liée à la transhumance : l’hiver, les bergers menaient les troupeaux paître dans les vignes, qu’ils nettoyaient. Ils vendaient le lait caillé dans les villages. »

 

SPÉCIALISATION DANS LES PRODUITS FRAIS

L’entreprise, qui a naturellement gardé pour nom Le Petit Basque, bénéficie aujourd’hui de l’engouement pour les laits de brebis et de chèvre : « +23 % pour la chèvre et +31 % pour la brebis en produits ultrafrais au niveau national », rappelle Lionel Ripault, responsable d’enseignes de distribution. La commercialisation est classique, avec contrats à l’année et animations dans les points de vente. Le Petit Basque produit aussi sous signature d’enseignes et propose des produits sous la marque biologique transversale au groupe Sill, Grandeur nature. Pas de fromage, la société est spécialisée dans les produits laitiers frais et se diversifie dans les desserts, dont le riz cuit au lait de vache, ainsi que des préparations chocolatées. La laiterie collecte ses 14 millions de litres annuels de brebis chez une centaine d’éleveurs de l’Aveyron qui fournissent 90 % du volume. Le reste vient du Tarn, de la Dordogne et du Tarn-et-Garonne. Les élevages sont très diversifiés, certains même redoutent les attaques des loups.

Un creux de lactation s’observe bien sûr durant l’été, mais un bonus à l’achat du lait incite les éleveurs à mieux étaler les naissances et leur volume. « Il y a deux ans, nous avions manqué de lait bio en été. Aujourd’hui, c’est mieux maîtrisé », confirme Hubert Martin. Certains producteurs conduisent deux troupeaux. La direction souhaite les impliquer particulièrement dans la vie de l’entreprise, et c’est pourquoi Lionel Vasselle est à fois chargé de la collecte et du dossier Responsabilité sociale et environnementale : « j’ai connu le Petit Basque en 2003 avec 40 personnes. Aujourd’hui, on atteint le quadruple ! », commente- t-il. L’un des objectifs de cet engagement RSE, dont l’entreprise bénéficiera en juin, est de transmettre ses valeurs.

 

UNE GRANDE PROXIMITÉ AVEC LES ÉLEVEURS

Les éleveurs se sentent proches de leur transformateur, comme le précise Lionel Vasselle : « nos 110 producteurs sont attachés à leurs produits finis qu’ils viennent présenter aux salons, faire déguster. Ils visitent notre usine, et réciproquement nous organisons des voyages avec nos employés chez eux, afin que chacun comprenne les méthodes de l’autre. C’est cela, une filière ». Ces éleveurs sont plutôt jeunes, 40 ans en moyenne « et neuf sur dix ont des dossiers en cours pour des projets, en particulier d’agrandissement, d’investissements. Le Petit Basque a redonné une bouffée d’air à leurs exploitations. On apprécie leur énergie, leur enthousiasme ». C’est dans cet esprit que des éleveurs et éleveuses ont participé à la promotion de la filière brebis sur le stand Sill lors du Salon international de l’agriculture de Paris.

Côté employés, l’entreprise recrute aussi bien des ruraux que des urbains de Bordeaux et sa région. Le Petit Basque cartographie donc les salariés et leurs attentes. Toujours dans cet objectif de lien avec le territoire et le personnel, le Petit Basque entretient des partenariats avec les municipalités voisines, par exemple lors de manifestations sportives et festives locales.

CHIFFRES CLÉS

• Brebis : 14 millions de litres, dont 75 % conventionnel, et 25 % bio payé 30 % de plus que le conventionnel
• Vache : 2 Ml, pour les desserts et entremets
• Chèvre : 1 Ml
• 149 employés
• Une croissance volume/valeur à 2 chiffres depuis plusieurs années
• 56 M€ CA en 2017
• 50 % est produit sous la marque Le Petit Basque
• 50 % sous marques de distributeurs et copacking

 

SILL, FÉDÉRATION FAMILIALE

Hubert Martin et son frère Frédéric ont acheté Le Petit Basque en 2008, qu’ils ont revendu en 2014 à la Sill. Un plan d’investissements de 9 M€ sur quatre ans a débuté en 2016, avec en particulier un nouvel atelier de 2 500 m². Sill appartient aux familles Léon et Falc’hun, qui possèdent les marques laitières Le Gall et Malo, les jus de fruit Plein Fruit, les soupes La Potagère et les plats cuisinés surgelés de La Compagnie Arctique. Sill réalise 60 % de son chiffre d’affaires dans les produits laitiers, dont 30 % à l’export et 15 % en bio.

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