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Le nouvel abattoir de Vire s'apprête à démarrer

L'investissement de 4,5 millions permet d'être à la pointe de l'environnement. Après une phase de rodage, l'activité devrait atteindre les 6 000 tonnes. La direction mise sur des filières régionales.

L'abattoir de Vire (Calvados) est sur la ligne de départ. Prévu mi-novembre, son démarrage est reporté à la fin du mois. Un léger contretemps que des réglages techniques rendent nécessaires. L'outil a été inauguré fin septembre en présence du ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau. Sa capacité est de 7 000 tonnes annuelles. En phase de rodage, l'allure devrait s'établir autour de 5 000 tonnes de bovins, ovins, porcs. « On espère atteindre les 6 000 tonnes assez rapidement», confie le p-dg Jean-Marie Quentin, qui s'est installé aux commandes. « Il y a peu d'abattoirs régionaux refaits comme le nôtre aux dernières normes sanitaires et environnementales. »

Cette mise à niveau aurait pu lui être fatale. Faute de financements nécessaires, la fermeture de l'établissement municipal avait été annoncée. L'entreprise Marcel Quentin, son gestionnaire et principal utilisateur, épaulée par les collectivités et les élus locaux, s'est mobilisée pour lancer la construction d'un nouvel outil. Lors de l'inauguration, Dominique Bussereau a salué « la volonté commune des pouvoirs publics et de l'opérateur privé de maintenir un abattoir de proximité ». Un atelier de découpe s'y est rajouté, portant la surface à 4 200 m2. L'investissement représente au total 4,4 millions d'euros.

Cap sur les plats cuisinés

Entre autres spécificités, l'établissement présente un hall d'abattage en dépression et un local de triperie en surpression. « La logique est la même qu'en milieu hospitalier sur les aspects bactériologiques », explique Jean-Marie Quentin. Le p-dg, en tant que maître d'ouvrage, a aussi opté pour un traitement des effluents, la technique de méthanisation du lisier. « On essaye de créer un peu d'énergie, de réutiliser l'eau pour le lavage des véhicules, précise-t-il. Les aspects liés à l'environnement deviennent de plus en plus sensibles dans le métier.»

L'approvisionnement de l'abattoir provient à 90 % de la région normande. La viande est commercialisée dans le cadre de divers signes de qualité, marques collectives ou propres à la SAS Marcel Quentin. Dans son allocution, le ministre de l'Agriculture a félicité l'entreprise pour « sa constante recherche de qualité et de différenciation des produits ». « Les marques Bœuf du pays normand, Bœuf verte prairie et Agneau des bergers de France, le Label rouge Veau de lait de Normandie font le succès de la démarche», a-t-il déclaré.

Jean-Marie Quentin est conscient que l'entreprise doit aller plus loin que la deuxième et troisième transformation. Les plats cuisinés constituent un passage obligé, qu'il souhaite aborder en conservant son indépendance financière. « Notre ambition est d'être un leader régional, affirme-t-il. L'export pourra ensuite se greffer. On dispose d'une belle gamme, avec l'agneau du Mont-Saint-Michel, connu sur le plan international, le veau de lait, véritable spécialité française, les vaches normandes. Pour maîtriser l'approvisionnement, je compte m'investir beaucoup dans l'amont. Le renforcement des filières régionales est nécessaire pour éviter le raz-de-marée mondial. »

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