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Le nombre de producteurs de lait bio commence à chuter

Source : Agreste
Après une progression régulière, le nombre de producteurs de lait bio a pour la première enregistré un repli en 2004, alors que la demande reste toujours aussi faible.

Pour les producteurs laitiers engagés dans l'agriculture biologique, la désillusion semble cruelle à l'examen des chiffres de la dernière étude Agreste Primeur. Dans une note publiée hier, les services du ministère de l'Agriculture ont constaté le ralentissement de la collecte de lait bio (225 millions de litres en 2004 contre 215 en 2003), mais surtout la diminution du nombre de producteurs, une première pour le secteur.

Après une progression régulière depuis la fin des années quatre-vingt-dix, leur nombre a atteint 1 289 en 2003, avant d'enregistrer un repli en 2004, à 1 253 individus.

Symbolique par son ampleur, cette diminution trouve une explication dans les rapprochements entre opérateurs et les cessations d'activité. La hausse du nombre de producteurs engagés en bio va semble-t-il devoir attendre, tant les signaux sont négatifs. Bien que minimes (1 % seulement de la collecte nationale de lait est bio), de plus en plus de volumes sont déclassés, faute de trouver preneur.

En 2004, près de la moitié de la collecte bio (47 %) a été réorientée vers la filière conventionnelle, une proportion qui atteignait déjà 39 % en 2003. « Hormis les laits conditionnés et les fromages de chèvre, toutes les fabrications biologiques reculent » indique l'étude Agreste. Comme quoi les produits transformés s'accommodent assez mal du label AB. « La baisse atteint 28 % pour les desserts lactés, 20 % pour la crème conditionnée, 15 % pour les yaourts et laits fermentés, et 10 % pour les fromages à base de lait de vache ».

Un différentiel de prix de 60 %

Ce repli général ne va certainement pas participer à l'éclosion d'un véritable marché, et renforce le cercle vicieux que constatait déjà l'année dernière Anne Richard, chargée de mission Bio pour le Cniel (Centre national interprofessionnel de l'économie laitière). « Les consommateurs sont intéressés mais ils ne connaissent pas toute l'offre, car il y a de petits référencements sur ces produits. Ils ne les trouvent pas facilement, et s'en désintéressent ». Avec un différentiel de prix consommateur de 60 % entre le lait bio et le lait standard (chiffres Secodip), difficile de forcer l'acte d'achat. En amont, la partie « collecte » subit également le contrecoup du désintérêt pour ce lait, avec l'amenuisement progressif des laiteries uniquement bio. Leur part est tombée de 58 % de la collecte en 1998 à 34 % en 2002, et a encore chuté l'année dernière à 28 %, laissant le gros de l'activité aux laiteries traditionnelles qui traitent le bio en produit d'appoint.

Un signe positif existe toutefois, avec une possible stabilisation de la saturation du marché bio en 2005, selon la dernière note de conjoncture de l'Onilait. La collecte devrait stagner cette année, ce qui, combiné avec l'augmentation des fabrications de laits conditionnés, remettrait le lait bio sur le droit chemin. Mais la filière se passerait bien d'un éternel retour au point de départ. Car après des premières années d'euphorie, le soufflé est retombé bien vite.

Rédaction Réussir

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