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Le mouton néo-zélandais n’envahira pas l’Europe

Après une baisse de régime, la production ovine néo-zélandaise repart de plus belle. Mais, l’ambition des exportateurs n’est pas d’augmenter les volumes. Priorité à la valorisation du produit.

Contrairement à l’an dernier, la Nouvelle-Zélande devrait atteindre son quota d’exportation de viande ovine sur l’UE. L’interprofession Meat & Wool New Zealand annonce une hausse de la production 2004-2005 de 2,5 millions d’agneaux (+9 %), grâce à l’augmentation du nombre de brebis et à un taux record d’agnelage (123 %). L’offre représenterait 429 400 tonnes, ce qui permettrait de remplir le contingent de 226 700 t destiné au marché européen. « Nous ne voulons pas exporter davantage, insiste Gerry Thompson, responsable de la zone Europe au Meat & Wool New Zealand. L’important n’est pas de faire des volumes, mais d’obtenir un bon prix ».

Ce souci d’optimiser le profit entraîne une redistribution des cartes. Les quantités expédiées vers le Royaume-Uni ont augmenté l’an dernier à 99 000 t (+2 %), alors qu’elles ont baissé pour la France à 32 000 (-11 %) et l’Allemagne à 35 000 t (-7 %). Le marché britannique reste la première destination du mouton néo-zélandais, notamment pour les gigots. D’autres débouchés permettent de valoriser l’ensemble de la carcasse. La demande américaine est de plus en plus forte pour des découpes de taille moyenne à forte valeur ajoutée, ainsi que pour le réfrigéré. La Chine est également un marché en développement, mais moins rémunérateur, axé sur les quartiers avant et le mouton transformé sur place. Sa demande devrait évoluer vers des morceaux à plus forte valeur ajoutée, en lien avec la multiplication des hôtels et restaurants de type occidentaux.

Hausse du réfrigéré

La production néo-zélandaise est exportée à 92 % en découpes. La part du réfrigéré est en constante augmentation. Elle représente 41 000 t en 2004. Une enquête réalisée auprès des exportateurs montre que la viande réfrigérée continuera sur sa lancée. « De gros efforts ont été réalisés sur la régularité du produit, souligne-t-il. Les éleveurs sont sous contrat, avec un prix garanti, pour un produit déterminé. En moyenne, le poids des agneaux abattus est supérieur à 17 kg, ce qui convient bien aux consommateurs d’Europe du Nord ».

Après un déclin lors des vingt dernières années, l’élevage ovin redémarre. La conversion des systèmes mouton et bœuf vers le lait cesse. Des prix élevés, avec en moyenne un agneau vendu à 34 euros, encouragent les producteurs. Leurs performances techniques ont beaucoup progressé. En vingt ans, le taux d’agnelage est passé de 95 % à 123 %, le poids de carcasse a progressé de 13,5 kg à 17 kg. La taille des troupeaux est de 3 200 têtes, avec 1 600 animaux par unité de main-d’œuvre.

Que les éleveurs français se rassurent, l’ambition des Néo-Zélandais n’est pas d’inonder le marché. L’intérêt des deux parties converge. « La filière française veut relancer sa production, note-t-il. C’est une bonne chose. Il faut avant tout maintenir le niveau de consommation de la viande ovine. Les producteurs français ont besoin des importations pour satisfaire la demande du consommateur ».

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