Le Min de Lille croit en sa prochaine diversification
L’inauguration du nouveau pôle « fleurs » du marché de gros de Lille, ex-Min de Lomme se déroulera le 15 mars. Cette nouvelle implantation de 1 036 m2 aux portes du marché scelle l’achèvement de la première tranche des travaux engagés par la nouvelle équipe mise en place depuis l’an 2000.
La rénovation des installations, financée à 40 % par les collectivités, prévoit de consacrer 23 millions d’euros à la rénovation du « premier Min de France après Rungis ». Les 42 grossistes sont unanimes : leurs relations avec la nouvelle direction ont totalement changé et ils travaillent en bonne intelligence avec les élus pour finaliser les opérations jusqu’en 2009, date à laquelle les deux hectares centraux seront recouverts d’une verrière.
Il n’empêche, certains d’entre eux estiment que les travaux décidés interviennent un peu tard. Le pôle fleurs en est la plus belle illustration. La coopérative Hortiflandre a décidé seule d’investir les nouveaux bâtiments et de rapatrier la totalité de ses activités disséminées dans la région lilloise ainsi qu’au nord de Paris (La Chapelle en Serval dans l’Oise). Les cinq autres grossistes « fleurs » ne prévoient pas leur déménagement dans l’immédiat… tandis que l’un des plus gros opérateurs, les Éts Floris, avait pris la décision de quitter le Min de Lille pour s’installer à Carvin (Pas-de- Calais) dans les années 1990.
Bientôt un pôle viande ?
L’équipe actuelle met cependant les bouchées doubles pour tenir tête à la concurrence de la GMS et tout faire pour favoriser le commerce de proximité. « Modernisation, évolution économique du marché et diversification » : trois mots-clés martelés par Yves Durand, le président du Marché de gros de Lille, également député-maire de Lomme.
Didier Delmotte, le directeur du marché croit beaucoup à la diversification d’un Min spécialisé à 95 % dans les fruits et légumes. « Nous avons un terrain d’1,5 ha sur lequel nous pouvons lancer un pôle viandes. Nous avons un investisseur pour le bâtiment et un acteur qui est prêt à se lancer… mais pas seul », explique Didier Delmotte. Rendez-vous dans 18 mois. Pourtant, non loin de là dans la ZAMIN, Cariot (groupe ABC) et Arcadie ont récemment quitté l’agglomération lilloise…
Didier Delmotte a également de bons espoirs dans l’activité « marée ». Depuis plusieurs années, le marché est en contact avec le port de Boulogne-sur-Mer. L’arrivée des bateaux à grande vitesse, prévus pour relier l’Espagne à Boulogne puis à la Norvège, pourrait permettre au marché de Lille de développer de nouveaux courants d’affaires en matière de poissons.
En tout cas, le marché de gros de Lille ne cultive plus son indépendance et montre qu’il sait s’appuyer sur de nouvelles synergies. Il veut participer au maximum au développement économique de sa région et compte bien profiter de la présence historique de l’Institut Pasteur de Lille comme de la création toute récente du pôle de compétitivité Nutrition Santé… dont le président n’est autre que Christophe Bonduelle, l’un des grands du légume !