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Le marché surfe sur le climat

Alors que les céréales perçoivent un petit trou d’air, les oléagineux « ne connaissent pas la crise » ou plus exactement, surfent sur un ensemble de phénomènes climatiques qui, sans être irréversibles, alimentent les inquiétudes des opérateurs et donc la hausse.
Tandis que le soja est au plus haut, le colza, qui dans un premier temps a souffert de la parité euro-dollar, est finalement entraîné dans la spirale haussière. Le tournesol quant à lui, porté par son huile, est au sommet. Pour être complet, signalons que l’huile de palme se porte bien aussi, plus d’un million de tonnes ont été vendues par la Malaisie entre le 1er et le 25 septembre, dont 250 000 tonnes sur l’Union européenne.
Le sentiment haussier perdure pour le complexe oléagineux à Chicago et l’enthousiasme des fonds d’investissement propulse les contrats graines, huile et tourteaux vers de nouveaux sommets. Au vu des premiers rendements, supérieurs aux espoirs des producteurs, la récolte des États-Unis pourrait bien frôler les 95 millions de tonnes.
Mais, le marché aime se faire peur. Des inondations affectent les plaines du Midwest au moment où la récolte débute. Des gelées destructrices sévissent au Canada alors que la végétation est en retard. En Chine, une vague de froid préjudiciable pour les cultures s’installe. Le temps toujours trop sec et trop chaud en Amérique du Sud est défavorable à l’implantation des cultures. Les semis sont en retard au Brésil. Contrairement à l’an passé, les acheteurs ne pourront pas compter sur une récolte brésilienne précoce et dépendront un peu plus longtemps des disponibilités nord-américaines. Et c’est là que le bât blesse. Le soja américain s’écoule très bien. Avec encore des achats importants réalisés cette semaine (625 000 en trois jours), c’est plus de 11 millions de tonnes qui sont déjà engagées avec la Chine alors que la récolte commence à peine (8 %), sans compter les autres clients.

L’Union européenne ne comblera pas son déficit

La baisse du dollar contre l’euro a pénalisé le cours du colza européen qui, du coup, n’a pas suivi la hausse du soja la semaine dernière. Plus la dépendance de l’Europe aux importations est importante, plus le taux de change aura d’impact sur le prix intérieur, et celle-ci ne cesse de croître. De 3 % de la consommation européenne en 2006, avec un pic à 15 % en 2008, les importations devraient couvrir 10,5 % des besoins cette campagne. Pourtant, les possibilités d’importer sont restreintes du fait du manque de colza à l’échelle mondiale. Selon Oil World, des graines d’origines canadienne et australienne pourraient compenser la baisse de l’offre ukrainienne pour alimenter le marché européen. Pourtant, malgré 100 000 t d’importations supplémentaires par rapport à l’an dernier (soit 2,3 millions de tonnes), et une baisse de la trituration, l’Union européenne ne comblera pas son déficit. Le stock à la fin de la campagne, toujours selon Oil World, est attendu à 1 million de tonnes, un niveau bien faible, tout juste l’équivalent de onze jours de consommation.

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