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Le marché reprend ses marques

Au terme d’une période estivale houleuse dans le sillage de marchés financiers tourmentés, un sensible redressement des cours est désormais observé. Un certain équilibre a été retrouvé, les marchés céréaliers revenant à leurs fondamentaux.
Période du 25 au 31 août. Cette chronique reprend après six semaines d’interruption, période durant laquelle le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture céréalière n’a pas manqué d’animation. Nous avons suivi les évènements intervenus durant cette période dans nos éditions quotidiennes, nous en rappellerons l’essentiel. Le bouleversement des prix dans le sillage de marchés financiers tourmentés a provoqué une extrême volatilité des cours au jour le jour. Cela s’est traduit en fin de compte par une tendance globalement baissière, au mépris des fondamentaux, le prix du blé standard rendu Rouen passant même sous la barre des 190 euros au cours de la semaine 31, soit une dégringolade de quelque 40 euros par rapport au début de campagne. Depuis, les Bourses financières ont retrouvé un certain équilibre et les marchés céréaliers reviennent plus franchement à leurs fondamentaux, avec un sensible redressement des cours (voir colonne ci-contre) sur les marchés à terme comme sur le physique.

Récolte abondante en blé

À l’international, les prévisions de récolte de blé aux États-Unis, avec des conditions de culture défavorables, ont entretenu la fermeté. La production mondiale est pourtant bien équilibrée, le dernier rapport du Conseil international des céréales (CIC) concluant à une récolte abondante (677 Mt), avec un stock de report confortable de 191 millions de tonnes (Mt), parmi les plus importants de ces dernières campagnes. La situation est très différente en ce qui concerne le maïs, en raison surtout des nouvelles prévisions de récolte américaines par l’USDA (département américain de l’Agriculture), dont les différents rapports confirment le pessimisme. Le rapport du CIC du 25 août a abaissé ses prévisions de récolte mondiale de maïs de 10 Mt, à 849 Mt – ce qui constitue néanmoins un record – alors que la consommation est réduite de 5 Mt (à 858 Mt) et le stock de report de nouveau diminué, avec 118 Mt, le plus faible de ces dernières années. Cela promet des prix de campagne tendus.

Retour du blé russe

Sur les marchés internationaux, le fait majeur est le retour du blé russe. Après avoir perdu ses débouchés extérieurs en 2010-2011 pour manque de disponibilités, la Russie se rattrape, en particulier avec son client privilégié, l’Égypte, ou encore le Yemen, auprès desquels le blé français s’était largement répandu la dernière campagne. Actuellement, le blé russe se situe, selon les fluctuations des marchés, entre 15 et 40 dollars en dessous des cours du blé français qui défend ses débouchés traditionnels comme l’Algérie. Car si l’on prévoyait en juin une difficulté à assurer les courants d’exportation, depuis les perspectives ont changé avec une prévision de récolte passée de 30,9 à 33,3 Mt. Une bonne demande communautaire serait appréciée. Mais le sud de l’Union européenne est d’ores et déjà très ouvert à l’origine mer Noire.

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