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Le lobby des indications géographiques à l’âge adulte

Après trois ans d’existence, OriGin veut passer un cap dans son développement. Nouveaux dirigeants, nouveaux bureaux, nouvelle organisation : le mouvement est lancé.

Plus de deux millions de producteurs en provenance de 30 pays rassemblés en moins de trois ans : la montée en puissance de l’association OriGin a été fulgurante. Créée en 2003 à Genève, ses objectifs étaient multiples : placer sous le même drapeau les producteurs sous indications géographiques de l’ensemble des pays du monde, défendre leurs intérêts auprès de l’OMC, aider à monter des dossiers délicats, porter le message d’une forme de développement différente de celle du commerce mondial… Beaucoup de missions pour cette modeste organisation, qui a acquis le statut d’ONG, face aux organisations mondiales ou aux États hostiles à l’idée de protection géographique.

Et pourtant, son rayonnement s’accentue d’année en année. « Nous sommes arrivés au stade où la restructuration de l’association est vitale si l’on veut la pérenniser », remarque Christian Amblard, directeur du syndicat du pruneau d’Agen. Une évolution complexe en raison du nombre élevé de producteurs et de la légèreté de la structure (un seul permanent et une armée de bénévoles). « Nous devons renforcer les moyens d’OriGin pour poursuivre ses activités de lobbying et de sensibilisation», renchérit Frédéric Brand, Président de l’Association des AOC et IGP suisses.

Bruxelles, Genève ou Alicante ?

L’organisation a franchi un cap en élisant un nouveau président « monde» en la personne de Luis Fernando Samper Garter de la fédération des cafés de Colombie. Il remplace Pedro Etcheverria du café d’Antigua. L’année dernière, l’assemblée générale avait enregistré le départ de David Thual, secrétaire général depuis la création d’OriGin, et son remplacement par Ester Olivas. Enfin, un déplacement des bureaux de l’association est à l’ordre du jour : un comité consultatif de cinq membres doit déterminer la destination. Ce sera soit Bruxelles, Genève ou Alicante. La situation de Genève, déjà siège social de l’organisation et proche de l’OMC et de l’OMPI pourrait l’emporter au détriment de la volonté de certains membres hispanisants qui préféreraient Alicante.

Mais les changements au sein d’OriGIn dépassent de loin le simple déplacement des bureaux. « Il faut activer tous les réseaux, redistribuer les responsabilités et éviter la dispersion en ciblant des pays sur lesquels il faudra travailler », estime Anne Richard, directeur du CNAOL et secrétaire Europe de l’Association. Chaque continent dispose d’un Vice-président qui devrait jouer le rôle d’un vrai directeur. Mais toutes ces personnalités ont aussi leur travail et cette fonction nécessite une présence assidue pour aider ou convaincre et surtout ne pas décevoir le nombre de plus en plus important de producteurs qui misent sur l’association pour faire aboutir leurs projets et faire pression dans la balance mondiale.

Un challenge délicat à un moment crucial des négociations OMC. « Ces négociations ne sont pas complètement rompues, précise Ester Olivas. Nous attendons les réactions des Américains face aux changements politiques intervenus récemment au Sénat. Que va-t-il se passer maintenant ? C’est le flou. »

La bataille menée par OriGin n’est donc pas gagnée.

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