Le hard discount lâche un peu de lest
Depuis que la grande distribution a recommencé à se centrer sur les prix, la croissance du hard discount s'est ralentie en France. La preuve : en 2005 la part de marché du hard discount dans l'alimentaire a crû de 5 points soit moitié moins que les deux années précédentes. Or en un an, 286 magasins discounts ont été ouverts (soit une augmentation de 8% du parc) contre 223 en 2004.
Ces chiffres ont été révélés hier par ACNielsen à l'occasion des troisièmes rencontres du magazine LSA sur le hard discount. L'analyse des chiffres par circuit montre qu'en baissant leurs prix et en développant les marques premiers prix et leurs cartes de fidélité les hypermarchés ont mieux résisté au hard discount.
A fin septembre 2005, le hard discount affichait une hausse de son chiffre d'affaires de 4,8% qui s'explique par une évolution de +4% en volume et de +0,8% en prix. Cette croissance cache une baisse à parc constant de 1% du chiffre d'affaires.
Sur la même période, les hypermarchés ont progressé de seulement 2,3% en valeur (+4,4% en volume et -2,1% en prix) mais de +2,5% à parc constant. Les supermarchés affichent en revanche des résultats négatifs sur tous les tableaux : -3,3% en valeur, dont -1,3% en volume et -2% en prix, et une évolution de 0,1% à parc constant. « Les hypermarchés sont les gagnants de l'essoufflement du hard discount, mais le format supermarché souffre», commente Eric Achour, directeur général adjoint du service distribution d'AC Nielsen France.
Succès des premiers prix
Les grandes gagnantes de l'année 2005 sont les marques premiers prix de la grande distribution classique. Leur part dans les ventes de produits alimentaires a progressé de 20,6% en un an contre +1,3% pour les MDD standards et -2% pour les marques fabricants. Aujourd'hui, les premiers prix représentent 2 373 M Eur soit le quart des ventes du hard discount (9 693 M Eur). Face au hard discount, les hypermarchés n'ont néanmoins pas répondu de la même manière selon les rayons : les premiers prix sont surtout présents dans le frais non laitier (45,6% du poids du rayon), l'épicerie salée (26,9%) et le surgelé salé (22,1%).
La bataille fait rage entre grande distribution classique et hard discount mais aussi entre hard discounters eux-mêmes. Bilan du premier round : Carrefour relève la tête et récupère 43% des pertes de CA du hard discount et Lidl et Leader Price gagnent du terrain sur Ed et Aldi grâce à une augmentation de leur parc, selon Gaëlle Lefloch, directrice de l'unité trade de TNS Worldpanel. Mais déjà les hards discounters préparent la contre-attaque avec l'introduction de marques nationales comme Nestlé et l'extension des gammes non alimentaires.