Aller au contenu principal

Le Foll édicte de nouvelles règles pour l'agroalimentaire

La loi d'Avenir agricole a été votée le 14 janvier dernier en premier lecture à l'Assemblée nationale. Avant son passage au Sénat, tour d'horizon des articles s'adressant à l'agroalimentaire.

Comme prévu, la loi d'Avenir agricole complète la loi Hamon (économie sociale et solidaire) sur la gouvernance des coopératives agricoles. L'article 6 précise ainsi qu'elles seront soumises à un contrôle de conformité aux règles de la coopération au moins une fois tous les cinq ans. Cet audit sera effectué par le Haut Conseil de la Coopération agricole. La loi précise que deux commissaires au gouvernement (l'un auprès du ministre de l'Agriculture, l'autre de l'Économie) y seront placés.

Un médiateur des relations commerciales pour l'agroalimentaire

Autre nouveauté pour l'agroalimentaire, la nomination par décret d'un médiateur des relations commerciales « compétent sur l'ensemble de la chaîne agroalimentaire ». Il pourra « au-delà du règlement des conflits bilatéraux, avoir un rôle plus structurel d'amélioration des relations au sein des filières ». Lors des débats à l'Assemblée nationale, les élus de l'opposition ont été peu convaincus par cette mesure. Ainsi, pour Charles de Courson, député UDI qui s'exprimait lors des débats, mettre en avant l'idée de la médiation : « C'est sympathique, c'est gentil. » Il a notamment reproché au gouvernement de ne « pas s'attaquer au problème de fond », évoquant la « cartellisation » de la grande distribution en France. Pour défendre les producteurs, une autre mesure est mise en avant par le gouvernement : les actions de groupes. Ainsi, l'article 7 mentionne que les interprofessions peuvent assurer en justice la défense d'un ou plusieurs membres.

Les interprofessions pourront défendre un ou plusieurs membres en justice"

Nouveaux pouvoirs pour les inspecteurs

La loi comprend également des éléments nouveaux visant à renforcer « la performance de notre système sanitaire ». L'article 19 précise que les résultats des contrôles sanitaires (effectués dans les cantines, restaurants et ateliers de transformation) devront être rendus publics, selon des modalités fixées par voie réglemen-taire. Les inspecteurs sanitaires auront à leur disposition de nouveaux outils. La loi prévoit ainsi que les agents pourront mettre en demeure l'exploitant de réaliser certaines opérations dans un délai imparti. L'article 22 s'attèle quant à lui à la création d'une nouvelle entité : l'Institut agronomique et vétérinaire de France. Lors de la présentation de la loi à l'Assemblée nationale, son rapporteur Germinal Peiro a défendu cette idée en soulignant : « Nous devons intégrer l'idée qu'il n'y a pas de déconnexion entre la production et la transformation. Sans l'une, l'autre n'existe pas et c'est la transformation qui apporte le plus souvent la valeur ajoutée à la production. » Cet institut devra renforcer le pilotage national de l'enseignement supérieur et de la recherche autour de l'agronomie, l'agroalimentaire, la forêt et les sciences vétérinaires, en rassemblant les établissements d'enseignements supérieurs et les organismes de recherche concernés.

DE NOUVELLES MESURES DE PROTECTION POUR LES AOP ET IGP

L'Assemblée nationale a voté en première lecture l'ajout d'un alinéa à l'article L. 712-4 du code de la propriété intellectuelle, donnant de nouveaux droits au directeur de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao). L'article 10 bis prévoit que le directeur de l'Inao peut faire opposition à une demande d'enregistrement de marque « dès lors qu'il y a un risque d'atteinte au nom ; à l'image ; à la réputation ou à la notoriété d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée ». Le produit faisant l'objet d'une demande d'enregistrement de la marque doit cependant, précise la loi, être similaire au produit protégé. Une disposition, adoptée avec l'amendement no 1715, qui pour certains élus de l'opposition restreint fortement le droit d'oppostion.

Rédaction Réussir

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

vaches dans un pré
Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore

Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

oeufs
Œufs polonais contaminés : Lidl suscite la colère de l’amont

La présence d’œufs polonais dans les magasins Lidl était dénoncée par l’amont depuis plusieurs semaines, car ceux-ci ne…

Vue aérienne d'une ferme agricole
Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035

La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation…

cartons sous film
D’où viennent les œufs vendus sur le marché de Rungis ?

L’origine France est très largement majoritaire pour les œufs vendus sur le marché d’intérêt nationale de Rungis.  

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio