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Le désengagement des États est-il inéluctable?

Avec l'ouverture des marchés, les gouvernements auront moins de marge de manœuvre, et s'y préparent.

Mardi, ce sont deux conceptions différentes du monde agricole qui se sont rencontrées, et sur certains points rapprochées. À l'occasion d'une conférence-débat organisée par l'APCA, le ministre néerlandais de l'Agriculture Cees Veerman et Michel Cadot, directeur de cabinet de Dominique Bussereau ont fait le point sur les négociations actuelles à l'OMC et sur le futur du monde agricole.

Présentant une attitude beaucoup moins protectionniste que la France, le discours de M. Veerman a pu provoquer quelques frissons dans l'assemblée. Signe révélateur, les Pays-Bas ne figuraient pas sur la liste des treize signataires du mémorandum adressé à la commissaire européenne à l'agriculture pour lui rappeler « les lignes rouges à ne pas franchir» dans le cadre des négociations agricoles à l'OMC. « Le mot-clé est la connectivité. Nous devons rétablir un lien avec le marché, l'environnement et la société», a déclaré M. Veerman. « Le marché européen des produits agricoles a longtemps été protégé, et cette période est bientôt révolue, avec une libéralisation des échanges qui va aller en grandissant. Ce ne sont pas des menaces, c'est un défi à relever!».

France et Pays-Bas, des positions opposées

Côté français, pour Michel Cadot, qui ne semble pas attendre l'ouverture des marchés avec impatience, la réponse pourrait venir du renforcement de l'entente interprofessionnelle, une manière de minimiser le rôle de l'état. « Nous devons donner de nouveaux outils, car on attend souvent trop de l'administration. L'organisation des filières doit être améliorée par les interprofessions, par la contractualisation et par la modernisation du statut de la coopération». Ces pistes, qui figurent dans les textes de la Loi d'orientation agricole, ne seront pas de trop pour absorber la baisse des aides, actuellement en cours de négociations.

Sur ce sujet, France et Pays-Bas campent sur des positions opposées. Si le directeur de cabinet de M. Bussereau s'est voulu ferme sur la non-remise en cause de la PAC jusqu'en 2013, le ministre hollandais a une tout autre opinion, puisqu'il juge nécessaire une réforme, et une réduction des subventions en 2013 « voire même avant». Au moment même ou la Hollande lance un grand programme destiné à définir le visage de l'agriculture à 10-15 ans, le ministre néerlandais de l'Agriculture Cees Veerman reste optimiste sur la capacité de son pays à répondre à une nouvelle donne économique.

La France, plus attachée à l'intervention de l'état, va devoir intégrer cette modification. Une des réponses devrait se matérialiser par l'utilisation de plus en plus régulière de matières premières agricoles dans le non alimentaire (biocarburants pour exemple). Cette mutation ne se fera toutefois pas sans heurt. Michel Clavé, directeur du marché Agriculture et Développement durable à Crédit Agricole SA, l'a rappelé. Dans un contexte de diminution des prix et de baisse prévisible des aides, « il va falloir réfléchir à la problématique de masse critique des exploitations, pour réduire les charges et les coûts». Et il y a fort à parier que certains resteront sur le bord du chemin.

Rédaction Réussir

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