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Copa-Cogeca
Le Copa-Cogeca a un rôle d’influence

Chargée du secteur du lait et des produits laitiers au Copa Cogeca, Camelia Gyorffy est intervenue à l’assemblée générale de la FNPL. Elle a dressé un panorama de l’application des mesures du Paquet lait dans les pays de l’Union européenne.

Camelia Gyorffy
Camelia Gyorffy
© R.d

 

Où en est la mise en oeuvre du Paquet lait concernant les relations contractuelles entre les entreprises et les producteurs de lait dans les pays de l’Union européenne ?

Camelia Gyorffy - La plupart des pays européens ont opté pour des contrats obligatoires bien que certains pays soient encore en discussion (Autriche, Croatie et Grèce). Face à ceux-là, neuf pays ont choisi le volontariat: l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Danemark, la Suède, la République Tchèque et l’Estonie. Enfin, cinq pays n’ont pas pris de décision dont l’Irlande et la Finlande. Il y a enfin deux exemptions: la Slovénie et le Portugal. Cette contractualisation est toutefois à mettre en regard du poids de la coopération dans chaque pays. En effet, la coopération est quasi majoritaire au Nord de l’Europe (supérieure à 80 %); la moyenne en Europe étant de près de 60 %.

 

Qu’en est-il pour la France ?

C. G. - La France est légèrement en dessous de cette moyenne. Et c’est le seul pays à avoir mis en place des contrats d’une durée minimale de 5 ans. Les autres pays de l’UE ont opté pour des contrats de 1 an ou de 6 mois. En plus, il y a des provisions relatives à la gestion de l’offre pour les AOC.

 

Comment s’organise le pouvoir de négociation des producteurs et des organisations interprofessionnelles ?

C. G. - Côté Organisations de producteurs (OP), 23 pays ont prévu dans leur législation un nombre minimum de représentants dans les OP : 200 producteurs par OP en France contre 150 pour les Pays-Bas et 5 pour le Danemark et l’Allemagne. L’Allemagne a reconnu officiellement des OP comme c’est le cas en France. Le volume minimum par OP en France est de 60 millions de litres contre 90 millions aux Pays-Bas et 2 millions en Pologne. Quant aux interprofessions, elles restent une spécificité française avant tout, même si l’Estonie et l’Irlande bénéficient d’une interprofession et que l’Autriche et l’Allemagne gèrent une partie importante de l’activité économique laitière au niveau régional. En général, la plupart des autres pays n’envisagent pas de mettre en place de règles spécifiques interprofessionnelles.

 

Quel a été le rôle du Copa- Cogeca dans l’application du Paquet lait ?

C. G. - Le Copa-Cogeca a un rôle d’influence, de lobbying pour s’assurer qu’une législation est applicable en pratique, qu’elle n’est pas bureaucratique, qu’elle est efficace et qu’elle correspond aux intérêts et besoins de nos organisations membres. Le Paquet lait est aujourd’hui en place aussi grâce à l’influence du Copa-Cogeca. Le nombre de pays qui font recours aux différentes mesures montre l’intérêt qu’il suscite. Nous organisons en mai prochain un séminaire sur les opportunités à l’export et les évolutions dans la mise en oeuvre du Paquet lait.

 

IDENTITÉ

 

Camelia Gyorffy, Senior Policy Advisor, chargée du secteur du lait et produits laitiers, viande bovine, viande ovine, miel et bétail de reproduction au Copa- Cogeca.

Le Copa-Cogeca regroupe 72 organisations qui représentent 13 millions d’agriculteurs, ainsi que quelque 38000 coopératives. La mission du Copa-Cogeca est de défendre les intérêts généraux de l’agriculture, de maintenir et développer les relations avec les institutions européennes, ainsi qu’avec les organisations représentatives à l’échelle de l’UE, et de rechercher des solutions d’intérêt commun. Le président du Copa est Albert Jan Maat (NL) et le président de la Cogeca est Christian Pèes (FR). Le secrétaire général est Pekka Pesonen (FI).

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