Le ciel sous surveillance
C’est un énorme travail d’information et de pédagogie auquel vont devoir s’atteler les autorités politiques, sanitaires et professionnelles dans les semaines qui viennent. La confirmation de plusieurs cas d’influenza aviaire sur des oiseaux sauvages en Europe de l’Ouest a en effet poussé les pouvoirs publics français à élever d’un cran cette semaine les mesures de précaution : généralisation du confinement, interdiction des rassemblements d’animaux, vaccination des oies et des canards de plein air dans les Landes, en Loire-Atlantique et en Vendée (si toutefois la Commission européenne avalise cette mesure). Quant à l’Union européenne, elle a annoncé la création de périmètres de quarantaine autour de chaque foyer décelé. Toutes ces mesures ne seront pas sans conséquences financières pour les filières. On pense notamment à la filière Label ou à la volaille de Bresse, directement affectée par les mesures de confinement ; aux marchés de volailles vivantes, désormais interdits ; ou encore au foie gras, puisque l’éventuelle vaccination des canards et oies risque d’entraîner la fermeture de marchés à l’export. C’est la raison pour laquelle ces précautions doivent être absolument justifiées et expliquées, aux éleveurs, aux industriels, mais aussi au consommateur, afin de lui apprendre à faire le tri entre le risque sanitaire et l’innocuité alimentaire. Sur le principe, c’est bien sûr facile à dire. Mais beaucoup plus délicat à faire entendre, surtout à partir du moment où un premier cas sera apparu sur le territoire national.