Aller au contenu principal

Le chapon de Pintade bon mais rare pour les fêtes

Le produit, assez récent, connaît une demande croissante grâce à son positionnement original.

Encore assez confidentiel, le chapon de pintade effectue ces dernières années une percée remarquée sur le marché de la volaille pour les fêtes de fin d’année. On lui prête à la fois la tendresse du chapon de poulet et le goût relevé de la pintade. Avec plus de 200 000 pièces commercialisées en 2006, les volumes restent certes modestes mais la croissance ne se dément pas : depuis 2004, la production progresse de près de 70 % par an et l’offre reste largement inférieure à la demande.

En terme de production, les chapons de pintade sont élevés en plein air et abattus généralement à 150 jours. Étape délicate, le chaponnage est effectué par une équipe de spécialistes, au plus tard à treize semaines. En fin d’engraissement, l’animal est nourri durant un mois avec un régime plus riche, alliant céréales et produits laitiers. Un peu plus cher au kilo que son cousin « classique », le chapon de pintade est aussi plus léger : deux kilos, trois tout au plus. Peu d’éleveurs sont vraiment spécialisés sur cette production ; la plupart du temps, un seul lot de chapons est produit sur l’année, entre juin-juillet et novembre. Le reste du temps, les producteurs élèvent sur leurs parcours herbeux des pintades biologiques, ou Label rouge. À l’image de qui se fait pour les poulets, l’élevage de pintades standard est couramment réalisé dans des bâtiments, sur un mode industriel. L’animal reste pourtant plus délicat à élever et à manipuler que les autres volailles domestiques. Plus craintif aussi. Même si la génétique a produit des pintades plus tranquilles depuis quelques années, les pertes dues à des mouvements de panique ne sont pas rares dans les élevages. Chassez le naturel…

La pintade est originaire d’Afrique, où elle vit encore en grand nombre à l’état sauvage. En France, elle appartient depuis longtemps aux habitudes culinaires, surtout dans le Sud-Ouest.

La pintade, un marché franco-français

La consommation est en revanche très faible dans le Nord et l’Est du pays. On la prépare traditionnellement entière, rôtie au four, braisée ou sautée en cocotte. La découpe de pintade s’est beaucoup développée récemment et représente aujourd’hui un tiers de la production française. Pour les fêtes, la pintade se consomme plutôt farcie au foie gras, aux morilles ou aux pommes poêlées. Le chapon ne représente encore que 0,3 % des ventes, presque exclusivement du fermier Label rouge. Sur l’ensemble de la production de pintade, le label rouge occupe près du tiers du marché, et davantage en valeur. Le comité interprofessionnel de la pintade communique régulièrement sur les différents produits de la gamme pour développer les ventes et sortir du créneau « seniors, gourmets et aisés » qui colle au produit. « Le produit est difficilement identifiable dans les étals, au milieu des poulets. Il faut mettre en place un packaging particulier avec un code couleur spécifique pour que la pintade ressorte», estime Yves de la Fouchardière, éleveur de pintades et directeur des « Fermiers de Loué ». Avec 42 millions de têtes produites en 2005, la France reste de loin le premier producteur mondial de pintades, loin devant l’Italie. Seuls 20 % des animaux produits en France sont exportés, essentiellement vers le Royaume-Uni, la Belgique et l’Allemagne. Le reste est consommé sur les tables françaises.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio