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Le chantier du rayon boucherie est ouvert

Les industriels de la viande jugent nécessaire une réorganisation du rayon, qui passe par un nouvel étiquetage. La DGCCRF se dit ouverte à des améliorations sur la dénomination des viandes.

« Nos consommateurs demandent une réorganisation du rayon boucherie, un choix à partir des usages culinaires, un étiquetage compréhensible », a déclaré hier Jean-Paul Bigard, président du Syndicat national de l'industrie des viandes (Sniv), lors de son assemblée générale. Cette conclusion fait suite à la présentation d'une étude du cabinet Segments sur le décryptage des comportements d'achat dans les linéaires viandes en libre-service (lire notre édition d'hier). Le président du Sniv en a tiré deux constats. Tout d'abord, « les jeunes générations sont déconnectées de l'offre : elles ne comprennent ni son organisation, ni ses étiquettes, ni le nom des morceaux». Ensuite, et là réside la véritable surprise de l'étude, « le consommateur a évolué plus vite que le modèle de vente ». « Ce qu'il attend, c'est un vrai libre-service, comme en volailles ou en produits traiteur. »

Les distributeurs peu enthousiastes

Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), s'est montré plus réservé. « Le vrai problème n'est pas le rayon viande, c'est la qualité des produits. Certains articles marchent bien, d'autres moins bien», a-t-il affirmé. Pour autant, le président de la FCD s'est dit prêt à travailler sur le sujet avec les autres maillons de la filière. Une concertation a d'ailleurs eu lieu avec le Sniv en vue de proposer une révision de l'arrêté du 18 mars 1993 sur l'étiquetage des viandes. Les industriels souhaitent regrouper certains muscles en fonction de leur usage culinaire. Guillaume Cerutti, directeur général de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), a reconnu que, mise à part quelques morceaux de viande bien connus, de nombreuses dénominations restent obscures pour le consommateur. « Nous sommes prêts à réfléchir à des améliorations, a-t-il signalé. Mais, sous réserve de préserver les grands principes de la réglementation actuelle. » Un retour à la situation d'avant 1993, avec une première et une deuxième catégorie de morceaux semble donc exclu.

« Adaptons nous aux consommateurs a martelé Jean Chavel, directeur général du groupe Charal. La façon dont les jeunes consomment n'a rien à voir avec ce qu'on connaissait auparavant. Il faut adapter le produit, revoir sa mise en œuvre dans les rayons. C'est un travail de filière, de voir comment on présente la barquette, quelle information on met dessus, quel type de viande convient le mieux. » Denis Sibille, président d'Interbev, a vu dans tous ces sujets, une « feuille de route » pour l'interprofession. « L'étiquetage est issu des crises sanitaires. Un toilettage s'impose. Il m'apparaît normal de l'aborder tous ensemble», a-t-il souligné. Une réunion du bureau d'Interbev la semaine prochaine devrait permettre de faire avancer le débat.

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