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Le blé dans sa spirale baissière

Après le début d'une campagne couronnée par une récolte nationale record, le marché paie le prix de cette abondance par une très forte pression sur les cours en livraison rapprochée. L'orge résiste mieux grâce à l'export et l'attentisme prévaut en maïs.

Six semaines se sont écoulées depuis notre dernière chronique, six semaines durant lesquelles les marchés ont connu des mouvements divers, c'est le moins que l'on puisse dire, qu'illustre le graphique ci-contre et que nos lecteurs ont pu suivre à travers nos éditions quotidiennes. Quelques évènements importants ont jalonné cette période, dont le moindre n'est pas l'annonce d'une récolte française de blé record, à l'instar de la production mondiale estimée par le CIC et l'USDA, à 720/721 millions de tonnes (Mt). FranceAgriMer et Arvalis ont annoncé la production nationale de blé tendre à 40,4 Mt, record absolu dû à la progression des surfaces, mais aussi à un autre record, celui du rendement, avec 78,3 quintaux par hectare.

La qualité aussi est au rendez-vous, puisque selon les dernières estimations de FranceAgri-Mer, le blé tendre français millésime 2015, est classé à 9 % en prémium, 34 % en supérieur, 39 % en médium, 18 % en access sur la base des résultats provisoires de son enquête qua-lité sur 76 % des échantillons attendus. Poids spécifique, temps de chute de Hagberg, valeur boulangère, assurent un très bon niveau qualitatif ; la déception relative vient du taux moyen de protéines.

Contrairement à la dernière campagne, les exportateurs vont disposer d'une récolte homogène qui constituera un atout pour aborder des marchés extérieurs de plus en plus rigoureux. Il leur faudra en contrepartie assumer un dégagement encore plus important des volumes pour assurer l'équilibre du marché. Ce sera le grand défi de cette campagne, pour le moment sous la pression d'une moisson exceptionnelle avec des silos portuaires engorgés, l'exportation démarrant lentement.

Manque d'activité commerciale

Les acheteurs internationaux se manifestent cependant, dont l'Égypte qui s'approvisionne à bon compte, auprès de la Russie et de l'Ukraine. La France compte beaucoup, entre autres, sur un retour de ses clients traditionnels (Maghreb). Actuellement, le manque d'activité commerciale et l'abondance des disponibilités (sinon de l'offre, car les vendeurs sont très réservés) se traduit par des prix qui ne sortent pas d'une spirale baissière, le décrochage atteignant 45 euros, à 154 euros rendu Rouen… soit le même prix que l'orge fourragère soutenue par les achats chinois. Quant au maïs, l'interrogation sur la récolte qui approche, demeure avec l'amélioration des conditions de cultures apportée par les pluies récentes, l'AGPM évaluant le rendement moyen national à 85/90 quintaux par hectare.

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