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Le beaujolais nouveau au secours d’une région en crise

L'engouement pour le vin primeur reste très fort, notamment à l'étranger. Mais le vignoble est en difficulté. L'avenir passera par une meilleure organisation commerciale.

Le succès du beaujolais nouveau, qui sera lancé partout dans le monde jeudi 15 novembre, ne se dément pas. Si les volumes commercialisés seront sans doute en légère baisse cette année, ils restent à un niveau très élevé : environ 51 millions de bouteilles en 2006 dont 47% à l'export, selon l'interprofession des vins de beaujolais qui présentait les primeurs 2007 le 8 novembre à Paris.

L'engouement reste élevé à l'étranger, qui représente la moitié des ventes du vin nouveau du beaujolais. Le premier client, le Japon (50% du total exporté, 11,5 millions de bouteilles) sera en léger retrait cette année, a indiqué Ghislain de Longevialle, le président de l'UIVB. A en juger par la forte présence des journalistes asiatiques et de la télévision japonaise à la présentation du millésime 2007, le beaujolais semble toujours avoir la cote au pays du soleil levant. Il attend également beaucoup de la clientèle émergente en Chine et surtout en Russie. En France, les volumes tendent à se stabiliser après une baisse constante depuis 2000, le recul en GMS étant compensé par un regain de dynamisme en CHR et chez les cavistes.

Des circuits d'ailleurs aiguillonnés par un peu de nouveauté : le lancement du beaujolais et beaujolais-villages nouveaux rosés, testés l'année dernière avec succès au Japon. Pour cette première année sur le marché français, les volumes sont modestes, voire confidentiels : 2500 hectolitres (environ 400 000 cols) mais il s'agit avant tout de diversifier l'offre. Tous à base de gamay comme leurs grands frères, ils témoignent néanmoins de vinifications très différentes d'un vigneron à un autre. L'interprofession va donc tacher d'harmoniser un peu les critères du produit dans les années qui viennent, notamment en termes de couleur. De manière générale, on constate une certaine montée en gamme de ces vins à la qualité longtemps décriée par les puristes : cuvées spéciales, vieilles vignes, vins non filtrés, etc. La réforme de l'agrément des vins d'appellation d'origine contrôlée et la mise en place du suivi aval qualité renforcée cette année sur les primeurs suivent leur cours avec une augmentation des contrôles qui participent à assainir le marché. 400 prélèvements seront menés cette année auprès de 150 opérateurs.

1500 hectares arrachés en deux ans

L'incontestable réussite du vin primeur ne saurait cependant masquer les grandes difficultés que traverse actuellement le vignoble beaujolais nouveau, à commencer par les appellations régionales (beaujolais et beaujolais village). Mais certains des 10 crus de la région souffrent aussi, notamment les moins connus comme Chiroubles, Régnié ou Juliénas. Selon les responsables de l'interprofession, 200 à 300 exploitations viticoles sont aujourd'hui en difficulté financière. 1500 hectares (sur 22000) ont été arrachés dans la région ces deux dernières années et nombre de vignerons ne résistent qu'à force d'expédients.

L'avenir passera par une meilleure organisation commerciale, a martelé jeudi Ghislain de Longevialle, lui-même viticulteur sur 25 hectares à Gleizé (69). «Si l'on ne s'y met pas, on est morts», a-t-il assuré. Les regroupements d'exploitations sous la forme de GIE ou le rapprochement entre quelques-unes des 19 caves coopératives de la région ont commencé à fournir quelques pistes pour sortir de l'impasse. « C'est la seule manière d'aller conquérir ou de pérenniser de nouveaux marchés », conclut Ghislain de Longevialle.

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