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L’avenir des OGM décidé par referendum ?

Les habitants du Gers pourraient être consultés par référendum sur les expérimentations d’OGM en plein champ dans leur département. Une initiative contestée sur le fond comme sur la forme par les maïsiculteurs.

Les Gersois font de la résistance. A leur tête, Philippe Martin, le président du Conseil général, a dans l’idée d’organiser un référendum départemental sur les expérimentations d’OGM en plein champ. Il semble bien décidé à mener à bien son projet, afin de « réintroduire le citoyen entre la science et la loi ». « Depuis deux ans, en dépit des délibérations prises par de très nombreux maires du Gers pour s’y opposer, nous assistons à la multiplication d’essais de culture de plantes génétiquement modifiées en plein champ, sans que soient mises en œuvre ni les procédures d’évaluation, ni les mesures provisoires de précaution », indique-t-il en ouverture du « Forum de discussion » mis en place sur le site Internet du Conseil général, en vue de l’organisation du référendum.

Parallèlement, à l’initiative de Philippe Martin et de l’UFC-Que Choisir, s’est créée l’Association pour un référendum gersois sur les OGM (Argo), qui a élu à sa tête, lors de sa première assemblée générale le 16 décembre, un président médiatique et engagé, l’ex-monsieur météo de TF1 Michel Cardoze. L’association qui, dans l’absolu, ne devrait pas être partisane (pro ou anti OGM), mais qui présente ce référendum comme une chance formidable pour la démocratie, a décidé de tenir prochainement trois ou quatre débats sur les OGM dans le département, afin « d’éclairer les esprits ». Pour que la consultation ait lieu, il faudra ensuite que les signatures de 10 % du corps électoral gersois (14 000 signatures) soient collectées. Un taux qui ne devrait pas être difficile à atteindre, au vu des résultats d’un sondage « La Dépêche du Midi - BVA », réalisé du 25 au 29 novembre derniers, qui indique que 77 % des Gersois interrogés (500 adultes) souhaitent que le référendum ait lieu.

Ce même sondage révèle également que 72 % voteraient en faveur de l’interdiction des cultures OGM et que 70 % pensent que les OGM peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé.

De son côté, Christophe Terrain, président de l’AGPM et de l’institut technique et de recherche Arvalis, mais aussi de la coopérative gersoise Vivadour, estime que «c’est à l’Etat de définir le cadre réglementaire de l’utilisation des OGM et de leur diffusion». Or, depuis l’année dernière, celui-ci a autorisé la culture à grande échelle de variétés de maïs disposant d’un caractère de résistance à la pyrale et Vivadour compte bien profiter de cette opportunité. «Nous nous sommes préparés, depuis 4 ans, à la cohabitation des filières, explique Christophe Terrain. Nous avons mis en place et évalué tous les dispositifs (logistique, traçabilité, assurance qualité) qui nous permettent de rassurer nos débouchés. Nous avons mené ce travail dans le cadre d’une «Association charte qualité maïs grand Sud-Ouest» qui regroupe 130 entreprises et organismes stockeurs. La cohabitation des filières entraînera d’ailleurs un surcoût logistique évalué à ce jour à 3 euros/t pour l’ensemble des tonnages collectés, mais nous préférons maîtriser les conditions de diffusion de variétés d’OGM, plutôt que de laisser s’installer un marché où les agriculteurs peuvent librement s’approvisionner en Espagne.» On devrait bientôt savoir si la consultation des habitants du Gers aura lieu ou non.

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