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Lait : les coops pour un système de régulation

L'accord de mai sur l'évolution du prix du lait a fait long feu et la conclusion d'un accord sur le prix pour le 3e trimestre 2005 paraît de plus en plus improbable. « Sans système de régulation, on ne peut avoir un prix du lait moyen décidé à Paris», a déclaré hier Gérard Budin, président de la fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), lors d'une conférence de presse organisée au moment où les producteurs du grand Ouest paralysaient l'ensemble la collecte de lait (lire aussi page 3). En plein conflit ouvert au sein de la filière, les coopératives ont décidé de prendre seules la parole pour tenter d'expliquer leur vision de la crise, montrer les difficultés particulières auxquelles elles sont confrontées et évoquer des pistes de solutions. « La crise n'a rien d'étonnant. La réforme de la Pac a été très préjudiciable aux entreprises ayant une forte activité sur les produits industriels (beurre et poudre) qui perdent actuellement entre 30 et 40 euros aux 1 000 l de lait. Résultat : certaines entreprises ont diminué leur collecte en abandonnant certaines zones, ce qui a engendré des volumes de « lait flottant » offerts au prix qu'un industriel voudra bien le prendre, c'est-à-dire très bas », résume le représentant des coopératives.

Selon le Cniel (comité national interprofessionnel de l'économie laitière), ce phénomène concernerait 600 millions de litres de lait sur les 23 milliards de litres de la production française. La FNCL pense que c'est beaucoup plus. « Les coopératives engagées dans les produits industriels ne peuvent avoir recours à l'abandon de la collecte et elles sont confrontées à l'effet domino du flottant qui entraîne des bas prix et un surplus d'offres sur certains marchés comme le lait de consommation et l'emmental», analyse Gérard Budin.

Pour sortir de ce cercle vicieux, « nous serons tôt ou tard, dans l'obligation de nous retrouver au niveau national pour mettre en place un système de régulation, redonnant sa pleine fonction au marché des produits industriels », juge la FNCL. Si aucune réunion n'est pour l'instant prévue entre les élus de la filière, la fédération des coopératives assure que les permanents du Cniel se réuniront ce vendredi pour travailler sur des mécanismes de régulation.

Parmi les solutions avancées, la FNCL évoque une caisse de péréquation ou un fond de régulation, sur la totalité du lait produit en France, avec pour objectif d'« assurer l'équité entre producteurs et de permettre une vraie compétitivité beurre-poudre». Seront aussi examinées les solutions adoptées par les Etats-Unis, c'est-à-dire : les classes de prix et le marché à terme. Les coopératives demandent en outre une compensation pour les coûts de collecte très élevés en montagne.

D'ores et déjà la FNCL affirme que si on ne met pas en place ces régulations, les accords à venir ne seront que des « accords de façade ». Mais on n'arrivera pas « à faire du politiquement ou du démocratiquement acceptable» prévient Gérard Budin, « on ne pourra faire que de l'économiquement acceptable». Reste à savoir si les producteurs, fortement mobilisés sur le terrain, et les industriels se rallieront à l'avis des coopératives.

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