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L’aïd el-Kebir a limité la baisse des prix

L’aïd el-Kebir a soutenu le commerce des ovins ces dernières semaines. Désormais, la filière craint de voir ses tarifs chuter sévèrement, faute de consommation suffisante pour une offre en viande attendue plus étoffée.

L’aïd el-Kebir a eu lieu le 15 octobre. Comme chaque année, son arrivée a dynamisé le commerce des ovins, et en particulier celui des agneaux lourds. Les besoins de l’abattage découpe ont été plus soutenus dès la fin septembre, voire un peu avant en raison de précommandes. Il faut dire que la production française reste limitée. Selon Agreste, les abattages d’agneaux ont reculé de 3 % en tête et de 4,2 % en volume en cumul sur les huit premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2012.
Si les disponibilités hexagonales ont été modérées à l’approche de l’Aïd, l’offre européenne (notamment britannique) était plus présente. Comme tous les ans, la Grande-Bretagne entame son pic de production en septembre-octobre. Les sorties augmentent, laissant plus de volumes disponibles à l’exportation, en particulier vers la France.
À cela s’est ajoutée cette année une arrivée assez inattendue de marchandises du sud et de l’est de l’Europe à bas prix. Aux dires des professionnels, une petite semaine avant l’Aïd, l’Espagne et certains pays de l’Est (Roumanie, Bulgarie) ont proposé de la marchandise en quantité et à des tarifs très compétitifs. Pour une partie de la filière, ce soudain afflux de marchandises est lié à une demande moins soutenue qu’elle ne l’espérait. Confiants quant à l’impact de l’Aïd sur le niveau de la consommation, certains opérateurs auraient été tentés de retenir des lots en vue du net accroissement de la demande. Mais quelques jours avant l’échéance, faute de commandes à la hauteur des attentes, ils ont dû écouler au plus vite leurs volumes. Selon d’autres intervenants, l’augmentation de l’offre du sud et de l’est de l’Europe pourrait également s’expliquer par un ralentissement des exportations d’agneaux vivants à destination des pays du Proche et du Moyen-Orient, suite à des commandes moins toniques qu’escomptées voire à des problèmes logistiques.

Concurrence accrue et baisse des prix
Pris en étau entre une demande correcte sans plus, et une offre plus large que prévue, les prix des agneaux n’ont pas progressé à l’approche de l’Aïd. Au contraire, les cours français, historiquement élevés depuis l’été, sont repartis à la baisse sous la pression des marchandises européennes, proposées quasiment à moitié prix. L’Aïd semble tout juste avoir tempéré une chute des cours qui apparaît aujourd’hui inéluctable. Et qui inquiète la filière. Pour beaucoup, les prix du vif comme de la viande pourraient décrocher dès ces prochains jours et jusqu’en novembre, sous l’effet d’une concurrence accrue des offres européennes et d’un ralentissement de la consommation, déjà des plus moroses. D’après FranceAgriMer-Kantar Worldpanel, les achats de viande ovine fraîche par les ménages ont reculé de 2,8 % en cumul de janvier à début septembre par rapport à la même période de 2012. Et aux dires du secteur, la tendance s’est dégradée après la rentrée. Un nouveau ralentissement est envisagé après l’Aïd, du fait du traditionnel retour au calme de la demande des consommateurs de confession musulmane.
En amont, « on rentre dans une période plus calme en termes d’offre et de demande, pendant laquelle la part des importations dans l’approvisionnement français est généralement en augmentation », souligne-t-on à l’Idele. 2013 ne devrait pas se placer sous le signe du changement. Outre-Manche, « les abattages d’ovins seraient toujours en hausse par rapport aux années précédentes, faisant pression sur les prix », selon l’Institut. De quoi creuser l’écart de prix entre les deux origines. Début octobre, les opérateurs français estimaient la carcasse d’agneau britannique autour de 4,40 euros le kilo quand l’origine France valait entre 6,50 et 8,50 euros le kilo selon la qualité considérée. Le début 2014 pourrait être moins catastrophique que les premiers mois de 2013. Si aucune embellie de la demande intérieure n’est à prévoir, la concurrence des offres étrangères pourrait être un peu moins rude.

Une offre moins pressante début 2014
La production néo-zélandaise est annoncée en repli. Un marché mondial des produits laitiers porteur continue d’inciter les éleveurs à se détourner de l’élevage ovin vers la production bovine. A cela se sont ajoutées de mauvaises conditions météo en début d’année, qui ont limité la production. Selon l’Idele, « les premières estimations issues du recensement du 30 juin font état d’une érosion de 1 % du cheptel néo-zélandais de brebis reproductrices (...), alors que la productivité numérique devrait chuter de 8 % ». De quoi laisser entrevoir une baisse marquée des sorties pour la nouvelle campagne qui débute en ce mois d’octobre. En outre, la Nouvelle-Zélande pourrait continuer de privilégier l’Asie pour ces exportations, ce qui laisse entrevoir de moindres volumes destinés à l’Union européenne. Néanmoins, selon la Commission, l’offre communautaire tend à progresser. La production est attendue en hausse, mais l’augmentation des envois d’ovins vivants, notamment vers la Libye, devrait se traduire par un tassement de l’offre en viande (-0,7 % en 2013 et -0,5 % en 2014).

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