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L'agriculture n'a pas le bon «business model»

Objectif : briser le tabou d'exploitations «sous-équipées, non compétitives et sous perfusion».

Redonner à l'agriculture un « business model» viable. Telle est la priorité définie par l'Institut Montaigne, qui réunit des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires, des  universitaires et des représentants de la société civile. Dans un rapport, intitulé « Ambition pour l'agriculture, libertés pour les agriculteurs», le laboratoire d'idées propose des pistes pour redonner à l'agriculture un modèle économique viable et aux agriculteurs l'envie d'entreprendre. Il appelle les pouvoirs publics à créer un environnement propice au renforcement de la compétitivité.

Sa principale ambition est de redonner à l'agriculture un modèle économique viable. Il faut pour cela bâtir les conditions d'une « concurrence plus saine et plus loyale» sur les marchés nationaux, en rétablissant les conditions d'un rapport de force plus équilibré entre l'amont et l'aval agricole, et sur les marchés internationaux, en obtenant la suppression du « marketing loan» et des paiements contra-cycliques américains à l'OMC. Cela demande également d'assurer l'avenir de l'agriculture par sa diversification, en solvabilisant les fonctions non marchandes et en favorisant la conquête de nouveaux débouchés. 

Il faut enfin envisager le retrait progressif des aides directes aux agriculteurs et sortir du tabou relatif au maintien d'exploitations sous perfusion de subventions publiques.

Autre ambition : redonner des marges de manœuvres aux agriculteurs. Dans le choix des productions, en renégociant les accords de Blair-House qui sont à l'origine d'un « contingentement injustifié et inefficace» de la production d'oléagineux au sein de l'UE. Dans la mise en œuvre de la conditionnalité, en desserrant l'étau des contraintes qui pèsent sur eux.

Le rapport propose également un recentrage de l'action des pouvoirs publics. Ceux-ci sont invités à axer l'effort de recherche sur des priorités fortes (en particulier biocarburants, biotechnologies, génomique), à réduire la technostructure agricole pour « faire mieux avec moins cher», à donner une meilleure lisibilité à l'action publique, au besoin en créant un grand ministère de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Consommation. 

Pour l'Institut Montaigne, un effort particulier s'impose en matière de communication pour remédier à l'incompréhension grandissante entre les citoyens et le monde agricole. Il recommande d'inaugurer une « cité de l'Agriculture» sur le modèle de la cité des sciences et de l'industrie et de généraliser l'organisation des journées « fermes ouvertes» .

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