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L’abattoir de Saint-Étienne sur de nouveaux rails

Les groupes Despinasse, Sicarev et La Bouchère ont racheté pour 2 M€ l’abattoir de Saint-Étienne. Cette vente permet de maintenir l’activité de l’abattoir, qui nécessite de lourds travaux de rénovation et d’expansion, et de conserver les 80 emplois du site.

C’est officiel ! Depuis le 7 septembre dernier, l’abattoir de Saint-Étienne est devenu une structure privée. Les groupes Despinasse, Sicarev et La Bouchère – tous trois déjà gestionnaires de l’abattoir depuis plus de 10 ans au sein de la Société stéphanoise d’abattage, dans le cadre d’une délégation de service public – prennent donc le contrôle de l’équipement. Interrogés sur le sujet, les principaux intéressés n’ont pas souhaité s’exprimer.

La transaction a été réalisée pour un montant de 2 M€ et les repreneurs sont également exonérés de la taxe d’usage pour le reste de l’année 2009, soit un montant de 600 K€. Un prix modeste par rapport à la dernière estimation réalisée par France Domaine de 3,9 M€. Pourquoi un tel delta financier ? Michel Coynel, premier adjoint au Maire de Saint-Étienne, explique ce choix : « L’estimation réalisée ne prenait pas en compte l’aspect social de la reprise. Et nous avons obtenu des entreprises qu’elles conservent les 80 emplois du site. De plus, pour poursuivre son activité, l’abattoir doit subir de lourds travaux de rénovation estimés à plus de 10 M€. Or, la municipalité n’avait pas cette somme à disposition ». Les repreneurs se sont ainsi engagés à investir d’ici la fin de l’année 4 M€ pour sécuriser les locaux. En effet, le site a été déclassé en catégorie III, ce qui serait synonyme de fermeture début 2010 si des travaux ne sont pas engagés. Puis, 5 à 6 M€ supplémentaires seront injectés dans les 2 à 3 ans qui viennent pour améliorer les conditions de travail des employés et éventuellement augmenter la capacité d’abattage. En effet, à sa construction, le site avait été dimensionné pour 15 000 tonnes de viande alors que la dernière année d’activité a enregistré une production de 37 000 tonnes.

 

Spécialisation dans l’abattage bovin

Si le projet économique et social semble convenir à la fois à la municipalité et aux repreneurs, la privatisation de l’abattoir laisse néanmoins plusieurs zones d’ombre quant à l’avenir de certaines espèces. D’ailleurs, Despinasse et Sicarev affichent clairement leur préférence. « Nous avons obtenu des deux principaux actionnaires que l’abattage des porcs soit maintenu sur le site pendant 2 ou 3 ans, et l’abattage des ovins durant encore une année », reprend Michel Coynel. Et après ? La municipalité a déjà envisagé plusieurs solutions, dont la plus prometteuse serait la mise en place d’un service logistique. « Pour les ovins, nous avons imaginé un système de stockage sur le marché aux bestiaux de Saint-Étienne – N.D.L.R. : mitoyen de l’abattoir privatisé – où les producteurs viendraient déposer leurs bêtes. Celles-ci seraient ensuite acheminées par camion vers un abattoir de la région, qui n’a pas encore été trouvé. Puis les carcasses seraient réacheminées vers le point de départ en 48 heures. En ce qui concerne l’échéance de 2 à 3 ans pour les porcs, nous n’avons pas encore de solution, mais nous y travaillons », conclut Michel Coynel.

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