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L'abattoir de Jonzac paraît condamné

Déclaré obsolète, l’abattoir municipal de Jonzac a été mis en demeure de se mettre aux normes.

«Dans la mesure où l'on ne nous donne plus les moyens de continuer et d'entretenir ce que l'on a, tout peut arriver. Mais la fermeture de notre abattoir devrait se faire entre les six à dix prochains mois.» M. Pelletan, directeur de l'unité d'abattage municipale de Jonzac en Charente-Maritime souhaite rester discret sur le devenir de son établissement, mais n'en reste pas moins amer.

Jonzac, avec ses 2 000 tonnes de bovins traités annuellement (les ovins n'y entrent plus depuis juillet dernier, l'agrément ayant été retiré) est désormais considéré comme obsolète par la DSV. Mis en demeure de se mettre aux normes, pour un coût estimé d'un million d'euros, l'établissement est virtuellement condamné, conséquence de sa vétusté et de sa taille trop modeste (lire LM du 24 septembre dernier).

Les politiques locaux, informés de cette vérité par une étude réalisée en 2003, devraient donc prendre rapidement la seule décision qui s'impose, portant toute leur attention vers Montguyon, abattoir capable de traiter 4500 tonnes par an, et dernier établissement publique du département. (St.Jean d'Angely, Rochefort, La Rochelle ayant disparu). Claude Belot, président du conseil général de Charente-Maritime, le souhaite d'ailleurs vivement, estimant «qu'il n'y a pas de logique économique pour deux abattoirs publics sur le département, et que pour maintenir un service public la seule solution consiste à développer Montguyon.»

Montguyon, comme alternative ?

Un abattoir, qui, s'il s'avère moins coûteux en matière de remise aux normes, n'en est pas moins en situation difficile. Placé en redressement judiciaire depuis le 5 février dernier, avec un passif de 274 600 euros, il devrait être fixé sur son sort le 30 septembre prochain quant à la poursuite de son activité. Le conseil général pourrait mettre la main à la poche (100 000 euros) pour un nouveau montage financier, mais le tout dépend à la fois du juge (qui peut très bien décider d'un arrêt pur et simple) et du vote positif du conseil général ensuite.

Côté éleveurs, on reste dubitatifs, tentés pour certains par l'abattoir privé de Surgères ou celui de Chalais, selon les situations géographiques. Rien ne dit que les clients de Jonzac (dont le principal Cognac-Viandes) se porteront obligatoirement vers Montguyon, considéré par certains d'entre eux comme trop éloigné de leurs élevages. On en saura plus dans quelques semaines, lorsque seront passées les fourches caudines du tribunal de commerce, et que des décisions plus définitives auront été prises. Mais si Jonzac est malheureusement promis à la disparition, rien ne dit que son malheur fera à coup sûr celui de son homologue.

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